L’inflation n’a été que partiellement amortie par la hausse du niveau de vie en 2022…

L’inflation n’a été que partiellement amortie par la hausse du niveau de vie en 2022…

… sauf pour les 10% de Français les plus aisés - seule catégorie de ménages dont le pouvoir d'achat a augmenté l'année dernière.

L’inflation n’a été que partiellement amortie par la hausse du niveau de vie en 2022…
Crédit photo © iStock

A 5,3% - du jamais-vu depuis les années 80 – le retour d’une inflation élevée en 2022 a impacté le pouvoir d’achat des ménages, mais jusqu’à quel point ?

Selon la dernière enquête annuelle de l’Insee sur les inégalités sociales en France, parue jeudi, l’augmentation des dépenses en raison de l’inflation en France métropolitaine aurait été compensée en moyenne à 90% par la hausse de leur niveau de vie.

« Malgré cette augmentation historique du niveau des prix, le pouvoir d’achat moyen des ménages (par unité de consommation) n’a reculé que légèrement (-0,4 %), la hausse des revenus d’activité et du patrimoine compensant la majorité de l’inflation », rapporte l’Institut national de la Statistique.

Mesures de soutien & hausses de revenus

Chez les plus modestes, ce sont surtout les mesures « socio-fiscales », notamment celles mises en place à titre exceptionnel (revalorisation des chèques énergie, "prime exceptionnelle de rentrée", "indemnité inflation"...) qui ont principalement compensé la hausse des dépenses alors que du côté des ménages aisés, ce sont principalement les hausses de revenus (salaires, revenus du patrimoine etc.) qui ont permis de couvrir une grande partie de cette augmentation.

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Ce niveau de compensation, toutefois, apparaît hétérogène selon les revenus du foyer, mais aussi selon leur lieu de résidence. Chez les 30% les plus modestes, entre 80% et 85% de la hausse des dépenses a ainsi été couverte par l’augmentation du niveau de vie tandis que chez les ménages les 20% les plus aisés, la compensation atteint 95%, et même 110% pour les 10% de ménages les plus aisés, seule catégorie à finalement ne pas avoir gagné du pouvoir d’achat l’année dernière.

Entre les deux extrémités, les ménages au niveau de vie intermédiaire ont vu leurs dépenses compensées à hauteur d’environ 80%, voire de 85% pour les 30% les plus aisés.

Territoires ruraux vs. urbains

Enfin, du côté des différences selon le lieu d’habitation, quand un peu moins de 85% des frais additionnels sont couverts par la hausse du niveau de vie pour les habitants des communes rurales (« hors unité urbaine »), en moyenne 90% le sont pour ceux des communes de plus de 200.000 habitants et 100% pour ceux de l’agglomération parisienne.

Un écart qui provient essentiellement de dépenses liées à l’énergie plus élevées hors agglomération (trajets quotidiens en voiture, consommation plus élevée de chauffage et dépendance plus forte aux combustibles liquides – fuel, mazout et pétrole, au bois/granulés ainsi qu’au gaz…).

Pour les habitants des communes hors unité urbaine, l’augmentation des dépenses en carburants a été plus de deux fois supérieure à celle des résidents de l’agglomération parisienne, les premiers devant débourser en moyenne 280€ supplémentaires en 2022, contre 120€ pour les seconds. Les ménages ruraux ou résidant dans des communes de moins de 200.000 habitants ont aussi fait face à 100€ de dépenses supplémentaires de chauffage que ceux des grandes agglomérations et de la région parisienne.

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