Les prix de l’immobilier parisien continuent à défier la hausse des taux

Les prix de l’immobilier parisien continuent à défier la hausse des taux

8 arrondissements évoluent quand même désormais sous les 10.000€ le m² d'après la chambre des notaires de Paris.

Les prix de l’immobilier parisien continuent à défier la hausse des taux
Crédit photo © Ville de Paris

La dernière analyse immobilière de la chambre des notaires de Paris témoigne d’une poursuite de l’érosion du prix des logements parisiens, mais toujours de façon très légère et bien inférieure à ce que mesurent certains réseaux d’agences immobilières dont les ventes ne sont pas toujours représentatives de la profondeur du marché (Orpi vient d’annoncer une étonnante moyenne à 8.900 € le m²). Sur la base de leur échantillon de promesses de ventes, les notaires observent un prix moyen au m² de 10.360 € dans la capitale, en baisse de 1,4% sur un an.

Moins de 5% de baisse en deux ans et demi

Pour bien remettre en perspective cette baisse des prix parisiens dont on parle souvent, la moyenne s’était approchée des 11.000 € le m² en novembre 2020 (10.860 € d’après les notaires) avant les conséquences de la crise sanitaire qui ont détourné les acheteurs des grandes agglomérations. On a donc perdu que 500 € par m², soit une baisse d’un peu moins de 5% en deux ans et demi.

Le marché du haut de gamme fait la différence

Aujourd’hui, la moyenne semble donc toujours sensiblement supérieure à 10.000 € le m² mais un fossé s’est creusé entre le marché du haut de gamme (bien plus représenté à Paris que dans les autres métropoles) où les baisses de prix restent la plupart du temps inexistantes dès qu’il s’agit d’appartements familiaux de grande surface sans défauts et dotés d’un balcon ou d’une terrasse bien orientée et les biens courants pour lesquels les négociations deviennent un passage obligé pour les vendeurs. Même à Paris, mais toujours moins qu’ailleurs, les mauvais diagnostics de performance énergétique commencent à devenir de vrais arguments de négociation des prix de vente.

8 arrondissements sous la barre des 10.000€ le m²

Longtemps cantonné aux 5 arrondissements périphériques de l’est parisien (12ème, 13ème, 18ème, 19ème et 20ème) qui étaient encore les seuls à se situer sous la barre des 10.000€ le m², les prix plus abordables gagnent désormais le 10e, le 14e et même le 15e. 8 arrondissements sont ainsi sous les 10.000€ le m² désormais et certains s’en rapprochent comme le 17e. Bien sûr, il s’agit de moyennes et les prix peuvent fortement varier selon les secteurs du 15e en montant à 15.000 € dès qu’on s’approche de la Tour Eiffel. Les mêmes niveaux de prix sont observés dans le 17e près du parc Monceau.

La baisse des prix ne concerne d’ailleurs pas les trois arrondissements les plus chers du centre de Paris : Paris Centre (secteur qui regroupe les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements) ainsi que les 6e et 7e arrondissements, affichent toujours de légères hausses de prix sur un an, souvent car ils restent les lieux privilégiés des acquéreurs étrangers et autres investisseurs fortunés.

L’impact de la hausse des taux est moindre à Paris

On peut donc parier que l’érosion des prix parisiens va se poursuivre dans les prochains mois, en priorité dans les quartiers les plus populaires, à mesure que la hausse des taux d’emprunt continue à exclure davantage d’acquéreurs ou à en décourager d’autres. Mais Paris gardera toujours la particularité d’attirer des acquéreurs avec des niveaux de salaires ou d'apport permettant de s’affranchir de ces nouvelles conditions de taux appelées à durer, quand d’autres restent capables d’acheter cash pour saisir des opportunités. Toute baisse brutale des prix semble donc à écarter tant que l’immobilier parisien restera associé à une valeur-refuge.

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