La baisse de prix des logements anciens devrait accélérer en 2024

La baisse de prix des logements anciens devrait accélérer en 2024

Le groupe bancaire BPCE table désormais sur une baisse de -6% l’année prochaine. Le réseau d’agences immobilières L’Adresse évoque un recul qui pourrait atteindre -5% sur le premier semestre 2024.

La baisse de prix des logements anciens devrait accélérer en 2024
Crédit photo © Espaces Atypiques

C’est sans doute l’année prochaine que la baisse des prix de l’immobilier en France va devenir plus significative, à mesure que les vendeurs intègreront le nouvel environnement marqué par une forte baisse des volumes de transaction, des taux d’emprunt toujours élevés et une augmentation de la décote des logements les plus énergivores.

Nouvelle chute des volumes de transactions

Le groupe bancaire BPCE table toujours sur une baisse moyenne des prix de 3% en 2023, avec une forte hétérogénéité territoriale, mais a abaissé à -6% sa prévision pour 2024 (-3,5% auparavant). Il faut dire que BPCE table sur une nouvelle baisse de plus de 10% des volumes dans l’ancien en 2024, autour de 780.000 transactions, après environ 870.000 cette année, ce qui représenterait déjà une chute de plus de 20% par rapport à 2022.

Anticipations des acheteurs

Alors qu’un surcroît de vendeurs est déjà largement observé, ces tendances pour 2024 seront renforcées par les anticipations des acheteurs d’une poursuite de la correction des prix et même d’une légère baisse des taux d’intérêt. Autrement dit, les acquéreurs qui ne sont pas pressés peuvent espérer réaliser une meilleure affaire plus tard… Ce contexte favorise aussi les négociations de prix. Le réseau d’agences immobilières L’Adresse estime que les marges de négociations vont actuellement de 5% du prix affiché jusqu’à plus de 15% pour les maisons avec travaux ou en vente depuis plusieurs mois.

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Marges de négociations

« La marge de négociation dépend beaucoup de l’estimation de départ et de son acceptation par le vendeur. Si le prix affiché au départ est le bon, avec un mandat exclusif, pour un produit bien situé et sans travaux, la négociation est faible : aux alentours de 2 à 3% du prix affiché », explique Brice Cardi, Président du Réseau l’Adresse. Mais pour des biens surévalués, de moindre qualité et en vente depuis longtemps sur tous les sites d’annonces, Brice Cardi observe que certains acheteurs n’hésitent pas à tenter de faire très fortement baisser le prix, jusqu’à 20% ! « A nous ensuite de faire comprendre au vendeur que c’est justifié », confie le professionnel.

La baisse des taux devrait être modérée en 2024

Concernant l’évolution des prix en 2024, Brice Cardi s’attend également à une poursuite de la baisse qui pourrait atteindre -5% au premier semestre mais estime qu’elle a des chances de prendre fin avant la fin de l’année, notamment en cas de diminution des taux de crédit.

Au sujet des taux, le directeur des études économiques de BPCE, Alain Tourdjman, ne s’attend toutefois pas à de profonds changements en 2024. « Les taux devraient baisser au deuxième semestre 2024 mais assez modérément », estime-t-il, ce qui renvoie à une reprise des transactions sur la deuxième moitié de l’année. Alain Tourdjman souligne aussi que les récents ajustements des règles des conditions d’octroi des crédits édictées par le HCSF sont homéopathiques et qu'il n'y a donc rien à attendre de significatif de ce coté là en 2024.

Alain Tourdjman remarque par ailleurs qu’en tenant compte de la dérive inflationniste, c’est une correction des prix de -15% sur deux ans qui se profile, ramenant le niveau de la pierre en dessous des points bas de 2008-2009.

a savoir

Concernant l’immobilier neuf, Alain Tourdjman estime qu’on se trouve davantage face à des difficultés structurelles que face à une crise conjoncturelle, la politique du logement ayant basculé vers une politique de la rénovation après avoir favorisé auparavant la construction…

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