Dans l'immobilier, les vendeurs commencent à comprendre qu’il faut baisser les prix !

Dans l'immobilier, les vendeurs commencent à comprendre qu’il faut baisser les prix !
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Les professionnels de l’immobilier sont nombreux à partager une prévision d’accélération de la baisse des prix cette année.

Dans l'immobilier, les vendeurs commencent à comprendre qu’il faut baisser les prix !
Crédit photo © iStock

Comme toujours en phase de marché immobilier baissier, les négociations de prix ont repris de plus belle ces derniers mois et vont certainement rester prononcées en 2024. Encore parfois difficiles auprès de certains vendeurs n’ayant pas intégré la réalité du marché, marqué en 2023 par la désolvabilisation des acheteurs recourant à un emprunt en raison du niveau élevé des taux d’intérêt et surtout par l’augmentation du stock de biens à la vente, les concessions de prix deviennent incontournables car ce sont bien les acheteurs qui ont repris le pouvoir.

Prudence accrue des acquéreurs

Le réseau d’agences immobilières Orpi constate par exemple une forte hausse des marges de négociation dans des villes comme Nantes où l’écart moyen entre les prix affichés et les prix de vente atteint près de 7%, Tourcoing (presque 6%) ou encore Lille (5,6%). « Dans ces villes plus qu’ailleurs sur le territoire, le message a été reçu : les vendeurs ont ajusté leur prix pour attirer les acquéreurs et vendre leur bien », explique Orpi.

Le réseau Laforêt ajoute que les acquéreurs deviennent plus prudents et hésitants, désirant s’assurer de la qualité de leur investissement en termes de localisation, d’agencement du logement, de prix d’achat et de performance énergétique (DPE). Cette prudence accrue participe à l’augmentation des négociations avec un taux moyen estimé par Laforêt proche de 6% et même de 7% pour les logements avec une note F et G au DPE malgré des prix de vente minorés au départ pour cette catégorie de biens.

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Quelques exceptions

Laforêt constate qu’environ 80% des logement en vente en 2023 ont été concernés par une négociation de prix, à comparer à 60% en 2022. Seules exceptions à cette règle : les biens sans défauts, situés dans des quartiers prisés ou offrant des caractéristiques rares, comme un dernier étage avec terrasse ou une maison en front de mer.

« Alors que 2024 commence avec quelques signaux positifs, comme le reflux de l’inflation et la stabilisation progressive des taux d’intérêt, l’absence de mesures de relance concrètes laisse présager un premier semestre en demi-teinte, dans la continuité des derniers mois. En effet, dans les conditions actuelles, il semble difficile d’envisager une véritable relance de l’accès au logement », estime le Président du réseau Laforêt, Yann Jéhanno. « La baisse des prix doit continuer pour assurer une reprise pérenne du marché », appuie Guillaume Martinaud, Président de la coopérative Orpi.

La baisse de prix ne fait que commencer

La plateforme Meilleurs Agents est d’ailleurs catégorique sur le fait que le marché immobilier français est pleinement entré dans un cycle baissier avec un recul des prix qui ne fait que commencer. Sachant que des secteurs encore préservés comme les zones rurales commencent à être gagnés par la baisse des prix et que même si les taux d’emprunt baissent dans les prochains mois, ils resteront durablement supérieurs aux niveaux moyens connus ces dernières années, Meilleurs Agents pense qu’on devrait assister à une baisse des prix assez forte, au moins jusqu’au printemps 2024 avant d’enchaîner sur une période d’accalmie.

« C’est en effet vers cette époque de l’année, traditionnellement plus dynamique en termes d’activité, que les premiers effets de la baisse des taux d’intérêts pourraient se faire sentir », avance Thomas Lefebvre, Directeur Scientifique de Meilleurs Agents. Il estime en moyenne à -4% le recul des prix de l’immobilier en France pour l’année à venir, soit une baisse deux fois plus importante qu’en 2023.

Les professionnels sont nombreux à partager une prévision d’accélération de la baisse des prix cette année. Le groupe bancaire BPCE table désormais sur une baisse de -6% en 2024 et le réseau d’agences immobilières L’Adresse évoque un recul qui pourrait atteindre -5% sur le premier semestre 2024.

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