L’immobilier de luxe fait de la résistance

L’immobilier de luxe fait de la résistance

Les prix des biens supérieurs à un million d'euro ont continué de s'apprécier en moyenne en France. Mais cette croissance reste tirée par certains marchés du Sud de la France.

L’immobilier de luxe fait de la résistance
Crédit photo © iStock

Si le marché du logement français s’est essoufflé cette année avec la remontée des taux d’intérêt, le segment du haut de gamme est resté pour sa part globalement épargné, relève un baromètre établi par Coldwell Banker sur la base de données PriceHubble relatives aux transactions de plus d’un million d’euros.

En termes d’offres, l’année 2023 aura été loin d’être éclatante. Le nombre de biens mis en vente s’est effondré de près de la moitié, passé de 80.000 en 2022, à un peu plus de 40.000 cette année, et pour des surfaces moins importantes, de 193 m2 en moyenne contre 210m2 avant la crise sanitaire. Pour autant, les prix n’ont pas baissé car certains marchés locaux ont continué de fortement s’apprécier.

A l’échelle nationale, Coldwell Banker enregistre une hausse moyenne des prix de 3%, alors que celle-ci est restée limitée à 1% sur les produits haut de gamme en Belgique, et fut quasi-stable pour la Suisse. La marge de négociation des acheteurs est restée par ailleurs relativement contenue, à un taux de 8%, contre 5% en 2022 mais 10% en 2021, 7% en 2020 et 8% en 2019, une marge à comparer à celle observée dans l’immobilier "classique", où elle atteint 24% cette année.

Les prix continuent de grimper pour certaines destinations de prestige

La hausse générale des prix de l’immobilier premium reste tout de même tirée par des micromarchés toujours très demandés, en particulier dans le sud de la France, où le prix au mètre carré des biens de luxe a par exemple grimpé de 14% à Antibes (11.860€) ou encore 10% à Cannes (12.920€) et de 9% à Nice (9.929€).

A lire aussi...Comptage

« La forte attractivité, historique, du Sud de la France pour une clientèle internationale en quête d’une résidence secondaire s’est largement confortée en 2023, note Coldwell Banker. Si le sud de la France attire depuis toujours les étrangers, en premier lieu les Anglais, les Américains, les Hollandais et les Belges, il est à noter que l’impact des taux de change et du statut de l’immobilier comme rempart face à l’inflation ont joué dans cette évolution. » Ce report vers la France est « récurrent lorsque le contexte international va mal », indique Laurent Demeure, CEO de Coldwell Banker Europa Realty.

Baisse des prix à l'ouest

De fait, dans d’autres secteurs, réputés moins prestigieux ou tout simplement moins connus à l’international, l’immobilier premium a accusé une petite baisse des prix. Sur la côte Atlantique, à l’exclusion du Cap Ferret, la tendance est à la correction, avec -3% à Bordeaux (6.053€) et à Nantes (5.561€) ou encore 2% à Biarritiz (10.769€) après une croissance très forte ces dernières années.

2024 devrait s’inscrire dans cette tendance, anticipe Laurent Demeure. « En cette fin d’année, on n’observe plus d’anticipation à la hausse des vendeurs, qui se projettent maintenant dans un marché de négociation. Nos analyses anticipent dans ce cadre une baisse des prix modérée au 1er semestre 2024, de l’ordre de 4 %, dans les villes analysées par notre baromètre. Cette période sera donc probablement le meilleur moment pour acheter, et profiter de la correction de ce marché premium, puisqu’à partir de juin, en raison de la maîtrise de l’inflation et de l’arrêt de la hausse des taux, si ce n’est du début de leur diminution, le marché global devrait repartir dans un cycle positif. »

©2023-2024
L'Argent & Vous

Plus d'actualités Immobilier

Chargement en cours...

Toute l'actualité