Immobilier : les ventes de logements franciliens continuent de piquer du nez, la baisse des prix s’accélère

Immobilier : les ventes de logements franciliens continuent de piquer du nez, la baisse des prix s’accélère
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Le recul des transactions dans l'ancien s'est accéléré en région parisienne au 3e trimestre. La baisse des prix se poursuit.

Immobilier : les ventes de logements franciliens continuent de piquer du nez, la baisse des prix s’accélère
Crédit photo © OcPictures

Les ventes de logements anciens en région parisienne continuent de dégringoler, rapportent les derniers chiffres trimestriels des Notaires du Grand Paris, établis à partir des actes de vente de biens franciliens signés dans les études notariales. L’activité du 3e trimestre enregistre une baisse des transactions de 34% sur un an, après -25% au 2e trimestre, et -17% au 1er. « Le niveau de l’activité est désormais inférieur d’un quart par rapport aux dix dernières années, marquant les difficultés en cours et témoignant de la sévérité du choc subi par le marché », relèvent les professionnels.

« Une fin d’année difficile laisserait en Ile-de-France une baisse annuelle des volumes de ventes de logements anciens de plus d’un quart s’accompagnant de baisses annuelles des prix comprises entre 6 et 8% d’après nos indicateurs avancés sur les avant-contrats », ont indiqué les Notaires lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 30 novembre.

Une correction des prix probablement insuffisante à compenser la perte de pouvoir d'achat

Selon leurs projections, la correction en cours sur les prix se prolongerait ensuite, avec au mieux, une consolidation autour du niveau actuel des taux des crédits à l’habitat. Les baisses de prix viendraient donner un peu d’air au marché mais sans réussir à compenser la baisse de pouvoir d’achat des ménages, rognée significativement depuis un an par la remontée en flèche des taux d’emprunts immobiliers.

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Dans le détail, en glissement annuel, d’octobre 2022 à septembre 2023, un peu moins de 150.000 logements anciens ont été vendus en Ile-de-France, soit 22% et 41.000 transactions de moins qu’un an auparavant. Au 3e trimestre 2023, la baisse globale de l’activité par rapport au 3e trimestre 2022 (-34%) s’avère toujours un peu plus sévère pour les maisons (-37%) que pour les appartements (-32%).

« L’activité avait fait preuve d’une meilleure résistance jusqu’à présent à Paris, avec des volumes de ventes restés proches des tendances de longue période grâce à une poussée des ventes de passoires énergétiques. Mais elle s’est également repliée de 29% au 3e trimestre 2023 par rapport au 3e trimestre 2022 et tout de même de 14% par rapport au 3e trimestre moyen de ces dix dernières années », relèvent également les Notaires du Grand Paris.

Paris déjà sous les 10.000€ ?

Côté prix, à 10.090€ en moyenne au mètre carré, les tarifs ont reculé de 5,3% dans Paris en un an. Le mouvement se prolongerait ensuite pour arriver à une moyenne probable de 9.760 € en janvier 2024 (-6,3% en un an) d’après les indicateurs avancés sur les avant-contrats.

Par rapport au point haut enregistré en novembre 2020 (10.860 €), le prix a reculé de 1.100 € et de 10%. Il serait ramené au niveau de prix constaté au printemps 2019.

Une baisse des prix de 6% en Petite Couronne pour les appartements

En Petite Couronne, la baisse annuelle des prix s’accélère pour les appartements (-6%) au 3e trimestre. Les indicateurs avancés sur les avant-contrats mettent en avant une intensification de la tendance dans les prochains mois avec une baisse trimestrielle attendue de 4,4% en janvier. Cela laisserait au final une baisse annuelle des prix des appartements de près de 8% en janvier 2024. Pour les maisons en Petite Couronne, la baisse annuelle des prix de 6% constatée au 3e trimestre deviendrait aussi un peu plus forte (6,4%) en janvier 2024.

En Grande Couronne, la baisse annuelle des prix des appartements, encore un peu moins marquée qu’ailleurs s’accélère, d’abord au 3e trimestre (-4%), puis ensuite d’ici janvier 2024 (-6,2%) d’après les indicateurs avancés sur les avant-contrats. Les maisons pourraient aussi connaître une accélération de la baisse annuelle des prix (de -5% au 3e trimestre à -7,7% en janvier 2024).

Une chaîne du logement "figée"

En bref, peu de perspectives d’amélioration dans les mois à venir, même si le reflux de l’inflation (qui semble se confirmer en novembre à 3,4% selon les données de l’Insee parues ce jeudi) est une bonne nouvelle pour les emprunteurs, avec des banques un peu plus disposées à assouplir leurs conditions de crédit. Il n’en reste pas moins que les projections ne sont pas excellentes. Les perspectives économiques restent assez dégradées et l’ajustement sur les prix est encore loin de compenser la hausse des taux.

« L’ensemble de la chaîne du logement semble s’être figée. Du locataire qui ne peut réaliser sa première acquisition au secondo-accédant qui renonce à son projet de crainte de ne pas arriver à conclure sa vente et à trouver un financement pour son nouveau projet. Dans le neuf, à la crise de l’offre et à la difficulté de mettre en vente de nouveaux logements s’est ajoutée une rupture de la demande », constatent les professionnels.

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