« Fonds en euros : quels rendements attendre pour 2023 ? »

« Fonds en euros : quels rendements attendre pour 2023 ? »

Tribune de Quentin Petit-Prestoud, associé gérant chez Kino Gestion Privée.

« Fonds en euros : quels rendements attendre pour 2023 ? »
Crédit photo © Kino Gestion Privée

La courbe s’est enfin inversée, on le constatait timidement sur l’année 2022 avec une revalorisation générale des fonds en euros qui tournait aux alentours de +0.59% (source : Good Value for Money). Sans surprise, la dynamique se poursuit cette année avec des taux attendus en hausse aux alentours de 3%.

Notons toutefois que ces revalorisations sont majoritairement portées par les réserves que les assureurs ont accumulées depuis plusieurs années. L’ACPR a d’ailleurs encouragé les compagnies d’assurances à redistribuer ces bénéfices mis de côté en précisant que c’est l’épargne de tous les assurés qui a permis sa constitution. En fin d’année 2021, c’est plus de 70 milliards d’euros qui avaient été mis en réserve par les assureurs, il est logique que ces fonds reviennent aux épargnants.

Des niveaux de revalorisation disparates

En revanche, toutes les compagnies ne sont pas égales dans cette course à la performance : les nouveaux acteurs du marché sont très bien positionnés puisqu’ils peuvent faire le plein d’obligations récentes qui affichent d’excellents rendements !

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Ce qui n’est pas le cas des dinosaures du secteur. En effet, les assureurs établis depuis de longues années "portent" de vieilles obligations en portefeuille, ce qui est doublement pénalisant car en plus d’afficher des rendements faibles, la récente hausse des taux a fait baisser la valeur de ces obligations.

Les réserves sont donc bien utiles pour faire face à la concurrence. Et là encore, il semblerait que tous les acteurs ne soient pas logés à la même enseigne : selon la Banque de France, les bancassureurs ont davantage mis en réserve que les acteurs traditionnels (6.4% vs 3.9%). Maintenant, charge à chacun de maitriser sa politique de distribution de performance…

Une performance boostée par des offres commerciales

De plus en plus d’assureurs offrent une bonification de de la performance de leurs fonds en euros, généralement à la condition d’investir aussi sur des unités de compte. Cette politique commerciale n’a d’ailleurs pas les faveurs de l’ACPR qui considère ce genre d’incitations comme susceptibles d’entretenir des conflits d’intérêt et pouvant nuire à l’intérêt des clients. Cela peut se comprendre, toutefois et compte tenu du contexte actuel, il est possible de profiter de ces taux boostés tout en restant prudent :

Si ce genre d’offres peut rebuter les investisseurs qui ne souhaitent pas prendre de risque (les UC n’étant pas garanties en capital), il peut être judicieux d’opter pour des fonds monétaires !

Finalement, ces fonds sont composés peu ou prou des mêmes actifs que les fonds en euros, la performance sera donc très similaire - voire légèrement supérieure car moins d’inertie – le tout avec un niveau de risque très faible.

A l’heure où les marchés actions battent des records, il ne faut pas perdre de vue le couple rendement/risque, qui, après de longues années, redevient très intéressant sur la classe d’actifs obligataires.

©2023-2024
L'Argent & Vous
Quentin Petit-Prestoud

Le parcours de Quentin Petit-Prestoud

Associé gérant, Kino Gestion Privée

Diplômé du master Gestion de Patrimoine de l’IAE Gustave Eiffel (Université Paris XII) en 2015, Quentin Petit-Prestoud fit ses armes chez SwissLife Banque Privée pendant deux ans avant de basculer du côté des indépendants en 2017. D’abord dans une startup en tant que conseil patrimonial puis dans un cabinet Parisien où il est intervenu auprès d’une clientèle de sportifs de haut niveau. Après cinq années d’expériences, il rejoint Charles Pelissier et Nicolas Demyttenaere au lancement d’Artémis courtage Gestion Privée en début d’année 2020, devenu Kino Gestion Privée.

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