« Comment investir en zones de turbulences cette année ? »

« Comment investir en zones de turbulences cette année ? »

Tribune de Stellane Cohen, présidente d’Altaprofits.

« Comment investir en zones de turbulences cette année ? »
Crédit photo © Altaprofits/Hervé Thouroude

Après 2022, annus horribilis sur les marchés financiers, 2023 s’en sort bien, avec des indices globalement à la hausse. Parmi les plus belles progressions, le Nasdaq finit à +44,5%, suivi par le Nikkei (+28,2%) et le S&P 500 (+24,7%). Le CAC40, quant à lui, clôture l’année à +16,5%. De très belles performances malgré l’inflation, la hausse brutale et rapide des taux, les conflits géopolitiques ou encore les risques climatiques.

Forte volatilité et taux élevés ont remis sur le devant de la scène les produits structurés et les fonds obligataires datés. Les fonds en euros ont également retrouvé des couleurs. Les annonces en cours des premiers taux de participation aux bénéfices des fonds en euros montrent des taux en forte progression, les meilleurs pouvant dépasser les 4% net, voire même atteindre les 5% en cumulant tous les « boosts » mis en place lors des opérations commerciales des assureurs.

Fonds obligataire datés, fonds en euros et produits structurés conservent leur attractivité début 2024

2024 connaîtra encore une zone de fortes turbulences. Certes, l’inflation semble ralentir et la baisse des taux est attendue (la question n’est pas de savoir si elle aura lieu, mais quand elle aura lieu), mais elle s’accompagne d’une prévision de ralentissement économique, que ce soit en Europe ou aux Etats Unis. Sur le plan géopolitique, le degré de complexité ne fait que s’accroître, avec un calendrier électoral qui enverra près de la moitié de la population mondiale aux urnes. Autant de sources d’incertitudes qui s’ajoutent à un contexte déjà fragile. Dès lors, comment investir en 2024, alors qu’avec la baisse des taux annoncée, la donne va à nouveau changer ?

A lire aussi...Comptage

Tout d’abord, les changements ne vont pas s’opérer aussi rapidement. Les fonds obligataires datés notamment vont encore permettre, avec les prochains millésimes qui se lancent actuellement sur des échéances 2028/2030, d’engranger du rendement, qui sera figé par la stratégie de portage, même en cas de baisse des taux. Du côté des fonds en euros, les premières annonces montrent que les opérations commerciales des assureurs visant à doper le rendement continuent au moins en ce début d’année. A observer à partir du deuxième trimestre.

Introduire de la décorrélation dans son allocation

Au-delà de ces placements sécuritaires ou peu volatils plébiscités en 2023 et dans la double perspective d’une baisse des taux et de marchés financiers chahutés, il sera intéressant de se pencher sur des produits décorrélés des marchés financiers pour aller chercher de la performance tout en réduisant la volatilité de son allocation. Avec la démocratisation du Private Equity, classe d’actifs jusque-là réservée aux institutionnels ou aux grandes fortunes, de nouvelles solutions s’ouvrent aux investisseurs privés. Selon France Invest, la performance annualisée au cours des 10 dernières années du Private Equity a été de 14,2%. Corollaire de cette démocratisation, les acteurs et les offres se multiplient, ce qui pourrait impacter les résultats à l’avenir.

Si investir en Private Equity est certainement pertinent dans des périodes de fortes turbulences, il faudra étudier avec attention les fonds dans lesquels investir et privilégier les fonds présents de manière récurrente dans le premier quartile des historiques performances, d’autant plus que ces placements ne sont pas liquides. Une erreur est donc engageante… Historique des gérants, politique d’investissement, répartition géographique et sectorielle des fonds seront des critères à regarder.

Fonds de performance absolue

Enfin, toujours dans des périodes qu’on anticipe comme chahutées, les fonds de performance absolue peuvent également tirer leur épingle du jeu et apporter de la décorrélation dans les allocations. Leur objectif : apporter de la performance positive quelles que soient les conditions de marché, y compris quand les marchés baissent, par des positions à la fois acheteuses et vendeuses. Que ce soient les fonds de Private Equity ou les fonds de performance absolue, ils nécessitent une expertise financière forte et doivent être sélectionnés avec attention.

©2024
L'Argent & Vous
Stellane Cohen

Le parcours de Stellane Cohen

Présidente, Altaprofits

Titulaire d’un DESS en gestion de patrimoine de l’Université en sciences économiques de Clermont-Ferrand ainsi que d’un Executive MBA de l’Université Paris Dauphine, Stellane Cohen a une solide expérience en matière d’épargne, de produits financiers et en gestion de patrimoine. Elle a commencé sa carrière en 1987, dans l’un des premiers cabinets en gestion de patrimoine, CAC Conseils, en tant que manager commercial. Appelée en 1995 par Norwich Union (aujourd’hui Aviva France), elle prend la direction de la distribution courtage de la région Paris Ile-de-France. En 2001, elle rejoint Generali France pour lequel elle occupe successivement différentes fonctions de direction.

En 2018, le groupe Generali lui confie la direction générale de sa filiale Cosevad, spécialisée dans la vente directe en assurance vie ; elle fait de la croissance externe un de ses principaux piliers de développement ; c’est ainsi qu’a lieu en janvier 2020 l’alliance capitalistique de Cosevad avec Altaprofits, société de e-courtage spécialisée en assurance vie et première FinTech française, dont elle assure aujourd’hui la présidence ; elle y conjugue le digital et l’expertise patrimoniale. Entre autres mandats, Stellane Cohen est administrateur du Cercle des épargnants (association d’épargnants).

Plus d'actualités Epargne

Chargement en cours...

Toute l'actualité