Pourquoi l’assurance vie continue à perdre des capitaux investis dans les fonds en euros ?

Pourquoi l’assurance vie continue à perdre des capitaux investis dans les fonds en euros ?

Le placement préféré des Français affiche une collecte nette à peine positive en 2023 malgré des cotisations versées sur les contrats qui atteignent des niveaux records.

Pourquoi l’assurance vie continue à perdre des capitaux investis dans les fonds en euros ?

Les dernières statistiques mensuelles de l’assurance vie dévoilées ce vendredi par France Assureurs, fédération qui rassemble 99% du marché français des entreprises régies par le Code des assurances, confirment l’évolution structurelle de ce placement préféré des Français avec une collecte nette à peine positive malgré des cotisations versées sur les contrats qui atteignent des niveaux records.

Une collecte nette largement inférieure à 2022

En novembre 2023, la collecte nette de l’assurance était ainsi tout juste positive à hauteur de +0,4 milliard d’euros et elle dépasse seulement 3 milliards d’euros sur les 11 premiers mois de l’année, à comparer à plus de 14 milliards en 2022. Les cotisations n’ont pourtant jamais été aussi importantes pour un mois de novembre, à 12,8 milliards d’euros, de même qu’au cumul depuis de l’année, à 140,9 milliards d’euros.

Il faut dire qu’en parallèle, les prestations, c’est-à-dire les remboursements réclamés par les épargnants, sont de plus en plus élevés. Ils cumulent déjà 137,5 milliards d’euros à fin novembre, en hausse de +15% par rapport à la même période de 2022, traduisant en partie des arbitrages plus fréquents par les Français.

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Décollecte nette des fonds en euros

Dans le même temps, les fonds en euros (à capital garanti) subissent toujours une décollecte nette significative (-25,4 milliards d'euros de sorties nettes de capitaux de janvier à novembre 2023) contrairement aux unités de compte dont l’encours net augmente de 28,8 milliards sur la même période.

Franck Le Vallois, directeur général de France Assureurs, rappelle que cela tient notamment à des facteurs structurels car les prestations remboursées comprennent davantage de fonds en euros par rapport aux cotisations actuelles qui abritent au contraire une part plus importante d’unités de compte. « Il y a aujourd’hui une volonté des épargnants de diversifier davantage leur épargne qu’elle ne l’a été historiquement et que l’encours de l’assurance vie le reflète », explique Franck Le Vallois.

Des fonds en euros plus rémunérateurs mais des unités de comptes de plus en plus attrayantes

La part des cotisations en unités de comptes s’est établie à 43% sur le mois de novembre dernier et à 40% depuis le début de l’année, une proportion identique à celle enregistrée sur l’ensemble de l’année 2022. La remontée des rendements des fonds en euros, avec des offres commerciales parfois très agressives proposées par certains assureurs depuis quelques mois (des taux promotionnels de plus de 4% ont pu être annoncés), semble finalement contrebalancée par des offres toujours plus attrayantes et diversifiées en unités de compte.

On peut citer par exemple les produits structurés à capital et taux garantis qui se sont multipliés ces derniers mois avec des taux souvent supérieurs à 5%. Il s’agit de titres de créances émis par des banques, le plus souvent constitués d’obligations d’entreprises, lesquelles bénéficient de l’environnement de taux encore très élevés.

A SAVOIR

L’encours de l’assurance vie atteignait 1.917 milliards d’euros à fin novembre 2023, en hausse de +3,1 % sur un an, dont 71 milliards d’euros logés dans des Plans d’Épargne Retraite (PER).

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