Placements financiers : quels sont les arbitrages attendus en 2024 ?

Placements financiers : quels sont les arbitrages attendus en 2024 ?

Les experts de BPCE anticipent une progression des excédents financiers des ménages cette année, à la faveur d'un phénomène de surépargne toujours important.

Placements financiers : quels sont les arbitrages attendus en 2024 ?
Crédit photo © iStock

En dépit d’une amélioration du sentiment des ménages vis-à-vis de leur pouvoir d’achat et des perspectives d’inflation à six mois, le niveau d’épargne moyen des foyers devrait rester encore très élevé cette année, anticipe le pôle d’études économiques et de prospective du groupe BPCE dans sa dernière enquête de conjoncture relative à l'épargne des Français.

Une surépargne toujours présente

Après une période 2023 singulière - marquée par une inflation record et des taux d’intérêt obligataires au plus haut – conduisant les ménages à épargner à hauteur de 17,7% de leur revenu disponible, ce niveau devrait à peine s’essouffler en 2024 pour s’établir à 17,5%, anticipent les spécialistes, soit encore bien au-delà du niveau d’épargne observé avant la crise du Covid, à 15% en 2019.

Malgré un sentiment plus positif vis-à-vis de l’évolution de leur pouvoir d’achat et de l’inflation à six mois, « les réflexes des Français n’ont pas fondamentalement changé dans la perspective de ce début d’année 2024 », souligne Eric Buffandeau, directeur adjoint Etudes, Veille et Prospectives du pôle Stratégies de BPCE.

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L’environnement économique incertain, des taux obligataires toujours élevés ainsi qu’un certain nombre de préoccupations de long terme (montée des impôts, dégradation de la protection sociale, retraite…) « conduisent à une surépargne d’anticipation, en dépit du recul de la crainte du chômage ».

Après des arbitrages massifs (18% de rotation du stock en un an, un record) très « brutaux » réalisés par les ménages en faveur des livrets réglementés et des produits de taux, « les mouvements sur le stock devraient cependant être moins prononcés en 2024 », explique Alain Tourdjman, directeur des Etudes économiques de BPCE. « Nous entrons probablement dans une phase de ralentissement. Notre dernière enquête d’intention montre que la majorité des ménages qui souhaitaient réaliser des arbitrages l’an dernier les ont déjà réalisés. »

Moins de collecte attendue pour les livrets A et LEP

En 2024, avec un taux du livret A gelé à 3% et le repli de l’inflation, la collecte des livrets et des comptes à terme devrait ainsi ralentir, tandis qu’une grande partie de l’hémorragie enregistrée par les dépôts à vue l’an passé devrait être stoppée. A -55,1Md€ en 2023, celle-ci pourrait être limitée à -19,2 Md€ cette année, estime BPCE.

Pour le Livret A, la collecte annuelle de 2024 est attendue à 25,8 Md€, après un cru 2023 exceptionnel à 28,68 Md€, collecte du Livret A la plus importante depuis 2009. Celle du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), à 11,24 Md€ en 2023 – record historique battant celui de 2012, lors du doublement de son plafond – devrait décélérer à 5,4 milliards d’euros. Du côté du Livret d’épargne populaire, qui aura offert à ses titulaires un taux moyen de près de 6% en 2023 et une hausse de son plafond à 10.000€ en octobre, sa collecte a atteint un niveau exceptionnel de 20,67 milliards d’euros. Collecte qui devrait aussi ralentir à 6,6 milliards d'euros cette année.

Redressement des placements de titres

Tous placements confondus, le niveau d’excédents financiers des ménages devrait redresser la barre à 44,2 milliards d’euros en 2024 après 34,8 milliards d’euros en 2023, à la faveur d’une reprise des placements de titres grâce aux OPC monétaires ainsi qu’aux obligations (17,115 Md€ en 2023 contre 25 Md€ attendus en 2024), ainsi que d’une progression plus modérée des placements financiers hors titres de 17,115 Md€ en 2023 à 19,165 Md€ cette année, notamment grâce à l’assurance vie.

BPCE considère que les Plans d’épargne retraite (PER) ainsi que la poursuite de l’amélioration de l’attrait pour les fonds en euros devraient permettre à l’assurance vie de passer de 3,6 milliards d’euros d’excédents nets en 2023... à 21,6 milliards d’euros en 2024 !

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