Le Plan d'épargne avenir climat (PEAC) va-t-il plaire aux Français ?

Le Plan d'épargne avenir climat (PEAC) va-t-il plaire aux Français ?
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Prévu d'ici à l'été prochain, ce nouveau produit d'épargne dédié aux jeunes a-t-il vraiment de quoi séduire ?

Le Plan d'épargne avenir climat (PEAC) va-t-il plaire aux Français ?
Crédit photo © iStock

Parmi les nouveautés attendues en matière de placements financiers en 2024, l’arrivée du Plan d’épargne avenir climat (PEAC) un support réservé aux mineurs dont les investissements seront orientés vers la transition écologique et énergétique, trouvera-t-il sa place dans l’épargne des Français ?

De l’avis des professionnels de la gestion du patrimoine, il est encore un peu tôt pour le savoir, alors que les contours de ce placement ne sont pas entièrement définis : créé dans le cadre de la loi pour l’industrie verte adoptée en octobre, qui en a posé les grandes lignes, le PEAC doit en effet encore faire l’objet de textes réglementaires avant de voir le jour.

Un plan défiscalisé, mais pas un livret

Ce que l’on sait, pour l’heure, de cette nouvelle enveloppe, est qu’elle pourra être ouverte au nom de l’enfant dès sa naissance et jusqu’à ses 21 ans. Dispositif prévu sans impôt ni prélèvement sociaux – le PEAC rejoindra donc la famille des produits d’épargne réglementés (Livret A, Livret de développement durable, Livret d’épargne populaire…) mais avec plusieurs différences majeures :

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  • Son taux – dont le gouvernement a promis qu’il serait supérieur à celui du Livret A (bloqué à 3% encore jusqu’à la fin de l’année prochaine) – ne sera pas fixé réglementairement – sans intérêts composés a priori ;
  • Son capital ne sera pas entièrement garanti – même si, là encore, le ministre de l’Economie a assuré qu’il serait « quasiment garanti » ;
  • Cette épargne ne sera pas liquide : sauf cas exceptionnels d’invalidité ou de décès, aucun retrait des sommes placées ne sera possible avant les 18 ans du titulaire du PEAC. Et pour profiter de la franchise fiscale, l’épargne devra être conservée cinq années a minima ;

De fait, ce plan ne sera pas un livret d’épargne, mais prendra la forme d’un compte-titres associé à un compte-espèce ou bien d’un contrat de capitalisation, des enveloppes permettant d’investir sur un ensemble de produits financiers, qui seront principalement des fonds labellisés (ISR, Greenfin…) et des obligations souveraines – pour à la fois répondre aux besoins d'investissement pour la transition énergétique et assurer à ses titulaires un faible niveau de risque.

Un bon produit d’acculturation financière ?

La part et les types exacts de supports qui seront concernés par le PEAC demeurent cependant en suspens, tout comme le ou les modes de gestion proposés. Le profil à horizon devrait sans doute être la solution par défaut, à l’instar du PER, dans la mesure où le PEAC sera automatiquement clôturé au 30e anniversaire du titulaire. Les conditions de versement, de retrait, ou encore le plafond, qui, a priori, devrait être identique à celui du Livret A, de 22.950€, restent également à définir…

Nathalie Duchêne, cofondatrice et CEO de Kwiper, une solution patrimoniale digitale destinée aux professionnels, considère que le PEAC pourrait « être un bon produit d’acculturation financière pour les jeunes, qui n’ont pas accès au PEA avant leur 18 ans, et également un bon outil de financement de la transition écologique, mais il devrait plutôt intéresser les familles aisées », car les ménages dont les Livret A ne sont pas au plafond devraient continuer à privilégier ces derniers pour leurs enfants. Pour cette spécialiste, l’absence de taux et de capital garantis devraient limiter fortement son intérêt pour une grande partie des épargnants.

L’absence de liquidité, un point de blocage ?

« Aujourd’hui, le placement succès des jeunes reste le Livret A. Sa liquidité, son capital et son taux garanti ainsi que sa gratuité, avec un plafond par ailleurs assez important, en font un premier produit d’investissement assez imbattable, avec un ensemble d’avantages différenciants que n’offrira pas le PEAC », juge pareillement Stellane Cohen, présidente du courtier et CGP en ligne Altaprofits.

« Tout ce qui va dans le sens de la transition écologique est louable, bien sûr, et proposer un placement dédié à cette thématique est toujours une bonne nouvelle. Mais l’absence de liquidité, en particulier, pourrait être un point de blocage pour beaucoup d’épargnants français, qui restent très attachés à la faculté de disposer librement de leur épargne », souligne Stellane Cohen, pour qui « le succès du PEAC dépendra sûrement du taux d’intérêt qu’il est susceptible d’offrir, ainsi que du niveau du capital qui sera garanti. »

« Dans la mesure où ce placement n’est pas fiscalisé et s’éteint aux 30 ans du titulaire, il pourrait être intéressant de basculer ensuite cette épargne vers une assurance vie que l’on aura ouvert quelques années plus tôt en parallèle », avance Nathalie Duchêne. Une stratégie, pour des placements de longue durée, qui permettrait de profiter ensuite de l’avantage fiscal de l’assurance vie, dont la fiscalité des rachats devient particulièrement avantageuse à partir de huit années d’ancienneté du contrat.

« Mais tant que nous ne connaissons pas les détails de ce nouveau plan, il semble un peu vain de tenter d’élaborer une stratégie patrimoniale avec le PEAC », reconnaît-elle. Selon l’agenda fixé par Bercy, le Plan d’épargne avenir climat doit entrer en vigueur avant le 1er juillet.

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