Retraite : six mois après la réforme, comment les Français appréhendent le financement de leurs vieux jours ?

Retraite : six mois après la réforme, comment les Français appréhendent le financement de leurs vieux jours ?
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L'inquiétude des ménages relative au financement de leur retraite est moins élevée que l'an passé, mais elle reste prégnante chez les Français ne disposant d'aucun patrimoine.

Retraite : six mois après la réforme, comment les Français appréhendent le financement de leurs vieux jours ?
Crédit photo © iStock

Le baromètre 2024 Ipsos/Le Cercle des Epargnants sur les stratégies des Français en matière d’épargne et de retraite relève que si les ménages sont en moyenne un peu moins préoccupés par la question du financement de leur retraite, cette inquiétude reste particulièrement forte au sein des foyers modestes, sans patrimoine.

Ainsi, si deux tiers des Français se déclarent toujours inquiets de l’avenir du système de retraite, un sentiment en légère baisse (-3 points en un an), la préoccupation relative à leur propre retraite est moins marquée que l’an passé (50%, -11 points), tendance à rapprocher d’une moindre actualité sur le sujet ces derniers mois, après le vote de la réforme au printemps 2023.

Une inquiétude toujours marquée chez les ménages modestes

Restant toutefois majoritaire chez les actifs (58%), cette inquiétude est principalement financière (79%), mais d’autres craintes continuent de progresser, comme le fait de changer de rythme de vie (49%, +13 points en 7 ans), de se sentir seul (46%, +18 points en 7 ans) ou de se sentir moins utile (42%, +13 points).

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Elle reste en outre stable et très élevée chez les Français sans patrimoine (70%, comme l’an passé) alors qu’elle a nettement reculé chez ceux dont le patrimoine est élevé (30% parmi ceux qui ont un patrimoine de 50.000€ et plus, en baisse de 19 points par rapport à 2023), écart de confiance que semble refléter un creusement des inégalités en matière d’épargne dans un contexte de forte inflation.

Après la constitution d’une épargne de précaution, la préparation de la retraite reste la 2e motivation citée par les détenteurs de produits d’épargne, mais tous les ménages ne pensent pas avoir la possibilité de mettre de l’argent de côté cette année. Selon l’enquête, ils ont à la fois plus nombreux à vouloir épargner et à avoir l’intention de puiser dans leur bas de laine, tandis que la part de ceux qui n’envisagent de faire ni l’un ni l’autre est de plus en plus resserrée (41%, -13 points en 7 ans).

Le PER se hisse à la 2e place des placements favoris des Français

Sans grande surprise, le Livret A – particulièrement prisé depuis deux ans avec la remontée de son rendement jusqu’à 3% - ainsi que les autres supports réglementés (LDDS, LEP, Livret Jeune) sont à nouveau considérés comme les produits d’épargne préférés des Français (50%, stable par rapport à 2023). Le Plan d’épargne retraite (PER) arrive à la deuxième place (23%, +1 point) et passe devant l’assurance vie (21%, -3 points) alors que la notoriété du produit continue de progresser (66%, +9 points, et +17 points en deux ans).

Ceux qui le connaissent le trouvent attractif fiscalement (62%), intéressant dans le cadre d’une transmission (46%) et souple (46%), l’ensemble de ces indicateurs enregistrant des évolutions positives sur trois ans. 72% des Français qui détiennent un PERP, un contrat Madelin ou un Perco envisagent par ailleurs de le transférer un jour vers un PER, et plus de trois sur dix sont déjà en train d’y réfléchir (37%).

Enfin, pour assurer la viabilité du système de retraite, une majorité de Français juge nécessaire le recours à l’épargne individuelle (85%) et le développement des fonds de pension complémentaires (78%), même si moins de la moitié d’entre eux (48% et 42%) considèrent « souhaitables » ces options.

Les Français demeurent en revanche toujours massivement opposés à une solution qui passerait par la diminution du montant des pensions de retraite (71% estiment que ce n’est pas nécessaire, et seuls 12% l’envisagent comme une option souhaitable) ou par le recul de l’âge de départ à la retraite au-delà de 64 ans (54% estiment que c’est nécessaire et seuls 18% le voient comme une option souhaitable).

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