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Stéphane Furet, DG délégué en charge de la gamme Manageurs de Dorval AM

Stéphane Furet DG délégué en charge de la gamme Manageurs de Dorval AM

La valorisation des indices mondiaux semble historiquement normale
Stéphane Furet, DG délégué en charge de la gamme Manageurs de Dorval AM

Boursier.com : Vous expliquez qu'à vos yeux il n'y a pas de surévaluation du Marché actions lequel ne se paye pas trop cher. Pourquoi ?

S.F. : La forte remontée des indices boursiers depuis la fin du mois de mars a surpris beaucoup de professionnels par sa rapidité et son ampleur. Elle suscite aujourd'hui des craintes de déconnexion entre les marchés financiers d'un côté et la réalité économique dégradée par la crise du Covid de l'autre. Pourtant, la logique de la reprise boursière semble assez lisible. La première phase, en avril, était justifiée par l'intervention massive et déterminée des banques centrales et des Etats, intervention qui a empêché une crise financière. Et la deuxième phase, en place depuis le mois de mai, est parfaitement synchronisée avec une économie qui rouvre, ce qui permet à la consommation de repartir assez nettement. Au final, la valorisation des indices mondiaux par rapport aux tendances structurelles du PIB mondial ou des bénéfices des sociétés semble historiquement normale. Par exemple, selon les calculs de Dorval AM, le PER dit " de Shiller ", qui compare la capitalisation boursière à la moyenne des bénéfices des dix dernières années, se situait à la fin du mois de mai pour le MSCI monde à 21,5, très proche de sa moyenne de 21,8 depuis 1986. En 2000, ce même ratio se situait autour de de 40, alors que les taux d'intérêt étaient nettement plus élevés qu'aujourd'hui.

Boursier.com : Vous misez sur une revalorisation des secteurs cycliques délaissés. Pourquoi un rattrapage serait-il possible par rapport aux valeurs de croissance qui ont fait mieux, à la fois dans la baisse, mais aussi dans le rebond et qui demeurent aujourd'hui recherchées ?

S.F. : Il est parfaitement rationnel que les investisseurs aient préféré les valeurs résilientes et les thèmes de la numérisation pendant la crise du Covid. Un certain nombre de ses valeurs restent attractives, mais deux éléments importants poussent à regarder aussi ailleurs. Le premier est que ces secteurs (dont les technologies de l'information, la santé et la consommation courante) sont désormais deux fois plus chers que les secteurs cycliques (industrie, construction, financières, et secteurs des matières premières). Ce rapport du simple au double est le plus élevé depuis 2000, essentiellement à cause de la forte décote des secteurs cycliques. La deuxième raison, plus tactique, est que les débuts de cycle, disons les 18 premiers mois, sont le plus souvent favorables en relatif à ces secteurs cycliques. Ce fut le cas en 2003/2005, 2009/10 et 2016/17. Cette logique devrait pouvoir se répéter avec la reprise en cours, avec une trajectoire qui dépendra en partie des nouvelles sur le front sanitaire.

Boursier.com : Dans vos portefeuilles vous avez intégré Covivio, Mercialys, Klépierre, Unibail... Autant de foncières dont les titres ont selon vous exagérément baissé. La capacité de rebond est-elle si importante pour des acteurs sévèrement touchés par la crise... ?

S.F. : Ces valeurs ont été lourdement affectées par des dégagements appuyés qui ont généré des décotes sur les actifs nets réévalués de l'ordre de 75% au pic du stress de marché. Rappelons que ces valeurs ont obligation de distribuer leurs résultats pour conserver leur statut fiscal. A ce niveau de cours les rendements avoisinent la zone des 10%.

Boursier.com : Quels autres arbitrages avez-vous réalisé dans vos différents portefeuilles ?

S.F. : A la lecture du plan de relance proposé par la Commission européenne nous avons initié certaines positions dans nos portefeuilles pour bénéficier pleinement de la dynamique économique positive de de celui-ci. A ce titre, Saint-Gobain et Vinci apparaissent comme les grands gagnants potentiels dans le domaine de la rénovation. Alfen, acteur dans le stockage d'énergie et la fabrication de bornes de rechargement pour véhicules électriques, devrait bénéficier de ces investissements. Enfin Veolia, leader européen dans la valorisation des déchets, semble parfaitement positionné pour accroître ses perspectives de croissance grâce au renforcement de l'économie circulaire. La digitalisation va encore prendre de l'ampleur via le télétravail, la télémédecine, le e-commerce...et continuer de remodeler les usages, la consommation, les outils de production, l'automatisation...

Boursier.com : Vous aimiez Wirecard qui a été 1ère ligne de Dorval Manageur Europe par le passé, avant d'être allégée. En aviez-vous encore en portefeuille avant le scandale et le dépôt de bilan ?

S.F. : Dans l'ensemble de notre gestion, nous avions vendu la majeure partie de nos titres fin avril 2020, et la totalité avant le dépôt de bilan.

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