Stéphane Déo, Stratégiste chez LBPAM

Stéphane Déo Stratégiste chez LBPAM

Nous surpondérons les pays émergents...
Stéphane Déo, Stratégiste chez LBPAM

Boursier.com : Quelles sont vos prévisions de croissance pour la nouvelle année ?

S.D. : Pour la zone Euro, nous sommes en-dessous du consensus avec une prévision de croissance de 1,2% en 2019. Les derniers indicateurs de surprise économique ont été moins bons qu'anticipé... La probabilité d'une récession à un horizon de 12 mois est malgré tout marginale, nous sommes davantage en présence d'un ralentissement plutôt que d'une contraction de l'activité. Côté bonnes nouvelles, la baisse du pétrole est susceptible de redonner du pouvoir d'achat aux ménages tandis que l'effet des nouvelles normes d'homologation dans l'automobile devrait se dissiper progressivement...

Boursier.com : La Chine inquiète les investisseurs, quelle est votre lecture de la situation ?

S.D. : En réalité, le ralentissement de l'économie chinoise constitue une tendance séculaire. S'il n'y a pas d'escalade dans les négociations commerciales avec les Etats-Unis, nous estimons que la Chine devrait connaître une croissance de 6% cette année. L'économie du pays est bien pilotée ce qui est rassurant.

Boursier.com : Pouvez-vous préciser votre allocation d'actifs ?

S.D. : Nous misons sur une remontée des taux longs. A fin 2019, le 10 ans américain devrait se situer à 3,25% alors que nous misons sur un Bund allemand à 10 ans à 0,8%. Le marché du crédit européen semble plus attractif après sa récente correction mais il convient de tenir compte de la normalisation de la politique monétaire de la BCE, du ralentissement de la croissance économique et de la montée du risque spécifique... En conséquence, nous sommes négatifs sur les obligations souveraines en Europe. En revanche, les actions apparaissent attractives même s'il va falloir surveiller de près les messages des entreprises...

Boursier.com : Quelles sont les zones géographiques les plus intéressantes ?

S.D. : Nous surpondérons les pays émergents qui offrent des attentes de retour sur investissement à deux chiffres. Pour l'Europe et les Etats-Unis, notre positionnement est davantage neutre même si nous misons sur une progression des indices. En tenant compte des dividendes, nous visons +7% pour l'Euro Stoxx. Mais la réalisation de ce scénario passe par le franchissement de plusieurs étapes, à l'image d'un soft Brexit ou d'un statu quo italien.

Boursier.com : Identifiez-vous des risques spécifiques ?

S.D. : Le marché du crédit aux Etats-Unis constitue un élément de fragilité. La qualité des émissions se détériore, la liquidité est faible dans les périodes de stress, le besoin de financement de certaines entreprises est élevé... Même si le marché du crédit ne devrait pas déclencher une crise à lui tout seul, il peut être un accélérateur de la crise notamment à cause de sa taille très importante.

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