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Stéphane Déo, Stratégiste chez LBPAM

Stéphane Déo Stratégiste chez LBPAM

Nous continuons à privilégier les valeurs cycliques
Stéphane Déo, Stratégiste chez LBPAM

Boursier.com : Qu'attendre du rendez-vous de Jackson Hole aujourd'hui ?

S.D. : De la BCE, il n'y a rien à attendre, tout a été communiqué en juin, à savoir que jusqu'à l'été 2019, on sait quel est le scénario... Il n'y a d'ailleurs ni Mario Draghi ni aucun membre du Directoire de la BCE à Jackson Hole. Concernant la Fed il sera intéressant de décrypter le discours suite aux interventions de Trump, et sachant qu'un certain nombre de postes sont à pourvoir dans l'institution... Autre point important : la courbe des taux qui s'est aplatie, ce qui signifie qu'on approcherait d'une récession et qu'il faudrait logiquement arrêter de monter les taux... Certains membres de la Fed le disent... Une autre interprétation consiste à expliquer que les taux long sont artificiellement maintenus à la baisse pour des raisons internationales... Dans ce cas, au contraire, la Fed devrait monter les taux car les conditions monétaires restent trop laxistes. Concernant la politique de la Fed, les dernières minutes ont été explicites à propos de la troisième hausse de taux annuelle attendue en septembre. La probabilité d'une 4ème hausse de taux est désormais au-dessus de 50%. On arrive sur des niveaux où la politique monétaire est proche du niveau neutre avec une inflation qui pose la question de la poursuite ou pas du mouvement de hausse de taux l'année prochaine...

Boursier.com : Les marchés ne jouent-ils pas à se faire peur actuellement avec le risque géopolitique, Brexit, Italie... ?

S.D. : Les quatre risques sont identifiés : la guerre commerciale Chine-USA, les conditions du Brexit, le vote du budget en septembre en Italie, et les difficultés des pays émergents.. Quand on décortique le marché on constate qu'il est extrêmement prudent : les investisseurs achètent énormément de protection à la baisse, se couvrent, car ils sont stressés. D'ailleurs les valeurs " value " ont sous performé, et les valeurs de croissance ont très bien performé. On recherche de la sécurité. Les rotations sectorielles et le comportement de " risk off " nous disent que le marché est très prudent. Peut-être trop.

Boursier.com : La série de statistiques économiques décevantes en zone Euro depuis le début de l'année, même si les données se maintiennent au-dessus de la moyenne, est-elle inquiétante ?

S.D. : L'indice de surprise économique en Europe s'est effondré en début d'année parce que les économistes attendaient un niveau de croissance de 2,4%. La révision à la baisse à 2,1% est intervenue, l'ajustement est fait et les mauvaises nouvelles sont derrière nous... L'indice de surprise économique est logiquement remonté. Je pense que le niveau de croissance de 2017 n'était tout simplement pas tenable.

Boursier.com : Quelle est votre attitude sur les émergents ?

S.D. : Nous demeurons à l'écart d'un certain nombre de pays qui présentent aujourd'hui trop d'incertitudes. Des pays comme l'Argentine, la Turquie sont déjà en crise, d'autres sont en danger come l'Afrique du Sud que Trump a évoqué... Le Brésil, malgré deux années d'embellie économique, est aussi à risque, avec des élections, en octobre, présentant une grosse part d'incertitude quant au résultat. Les candidats proposant des programmes parfois loufoques. Un bémol toutefois dans ce paysage : la Chine qui fait des efforts pour maintenir la croissance de son économie sur une tendance stable. Sachant qu'elle représente un gros tiers du segment des émergents, il est difficile donc d'être négatif au global sur ces pays...

Boursier.com : Quel est votre scénario central pour la fin d'année pour les marchés d'actions en Europe ?

S.D. : Notre comité d'investissement d'août était neutre mais nous demeurons positifs, les valorisations sont plutôt attrayantes aujourd'hui, puisque les bénéfices par action sont solides avec des attentes sur l'année proche de 10%, alors que les performances boursières sont atones depuis le début de l'année... Il ne serait pas étonnant que les marchés finissent l'année en hausse. Nous restons neutre sur les défensives qui nous semblent chères, et sur les financières qui pâtissent d'une courbe des taux peu favorable, nous continuons en revanche à privilégier les cycliques.

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