Sébastien Korchia, Directeur Gestion Action chez UBS La Maison de Gestion

Sébastien Korchia Directeur Gestion Action chez UBS La Maison de Gestion

Nous intervenons aussi sur les excès baissiers...
Sébastien Korchia, Directeur Gestion Action chez UBS La Maison de Gestion

Boursier.com : Présentez-nous UBS La Maison de Gestion ?

S.K. : Le capital d'UBS La Maison de Gestion est détenu à 51% par UBS, le numéro 1 mondial de la gestion de fortune, et à 49% par de grandes familles d'entrepreneurs français. UBS La Maison de Gestion s'appuie sur la logistique d'UBS et gère aujourd'hui autour de 5 Milliards d'Euros...Dans la gestion collective, nous avons créé un fonds dédié aux entreprises familiales qui gère aujourd'hui une cinquantaine de Millions d'Euros et qui a de fortes ambitions en termes d'encours. Au sein d'un univers filtré, l'approche de ce fonds est fondée sur le stock picking tout en tenant compte de la conjoncture économique globale.

Boursier.com : Que retenez-vous de l'évolution récente des marchés ?

S.K. : Sur la première partie de l'année 2018, deux approches s'affrontaient. La première considère que la fin de cycle est proche avec la reprise de l'inflation, la remontée des taux, la guerre commerciale qui amène des barrières douanières... L'autre camp estime que la conjoncture mondiale demeure bien orientée, que la BCE et la Banque du Japon sont conciliantes, que la politique conduite par Donald Trump prolonge le cycle... A partir de la rentrée 2018, de nouveaux risques sont arrivés avec l'Italie, le Brexit, Brésil... Les investisseurs ont alors cherché à privilégier des placements liquides en délaissant les small caps. Le mois d'octobre a été celui du retour à la réalité avec un discours des entreprises qui a provoqué une prise de conscience chez les opérateurs des problèmes actuels...

Boursier.com : Que peut-on attendre maintenant ?

S.K. : En octobre, les indices ont fortement baissé mais les taux longs aux Etats-Unis ont arrêté de monter, les actions italiennes ne se sont pas effondrées, les matières premières ont consolidé... Alors que le consensus attend une progression des résultats des entreprises composant le STOXX Euro 600 de 3% à 5% en 2018, le point médian du Cac40 devrait se situer d'ici à la fin de l'année autour de 5.150 points avec des écarts possibles entre 5.000 et 5.300 points.

Boursier.com : Comment voyez-vous évoluer les places financières en 2019 ?

S.K. : La croissance de l'économie mondiale devrait se situer entre +3% et +3,5%. La BCE va continuer d'être accommodante tandis que la FED va poursuivre son chemin. On peut dire aujourd'hui que la FED n'est plus l'ami des marchés... Pour l'heure, la croissance attendue des BPA est de 10% aux Etats-Unis et de 8% en Europe. Dans ce contexte, le cocktail n'est pas particulièrement dangereux mais il convient néanmoins d'être vigilant. L'année 2019 risque d'être compliquée et volatile... Désormais, la gestion doit être active et non plus seulement passive.

Boursier.com : Quels sont les thèmes que vous privilégiez ?

S.K. : Face à la résurgence de l'inflation, le thème du pricing power doit être regardé avec attention. On doit ainsi privilégier les entreprises qui ont la capacité de répercuter les hausses de prix... De manière tactique, nous intervenons aussi sur les excès baissiers dans la mesure où une force de rappel intervient après une baisse violente. Dans l'ensemble, nos portefeuilles comprennent plutôt des grandes valeurs comme Bouygues ou Vivendi. De manière contrariante, nous avons acheté Derichebourg et Eramet. Enfin, le secteur des médias et de la publicité est relativement intéressant dans le contexte économique actuel, nous apprécions JCDecaux, Publicis et TF1.

©2018,

Partenaires de Boursier.com