Accueil
»
Sicav FCP
»
Actualités
»
Interviews
»
Consultation
Sébastien Korchia, Directeur des gestions actions chez Meeschaert Asset Management

Sébastien Korchia Directeur des gestions actions chez Meeschaert Asset Management

Je pense que la problématique grecque n'est pas résolue
Sébastien Korchia, Directeur des gestions actions chez Meeschaert Asset Management

Boursier.com : Quelle est votre vision des marchés actions ?

S.K. : On peut découpler l'horizon de temps d'ici la fin de l'année en deux phases. Pour cet été, je suis assez confiant. L'intérêt commun consistait à éviter à un accident sur les marchés européens provoqué par la crise grecque. Le souvenir douloureux de l'été 2011 est encore dans toutes les mémoires. Jusqu'à mi-août, je considère que le marché est relativement protégé. L'indice vedette parisien pourrait ainsi renouer avec ses récents points hauts. Le Cac40 pourrait même monter vers 5.400-5.500 points dans le sillage de résultat semestriels bien accueillis.

Boursier.com : Comment voyez-vous évoluer le Cac après cette date ?

S.K. : En dépit des apparences, je pense que la problématique grecque n'est pas résolue. Les allemands demeurent dubitatifs, le FMI n'est pas satisfait des conditions convenues, des dissensions apparaissent en Grèce... Le relèvement de la TVA dans le pays pose problème, l'économie grecque est proche de la dépression, des problèmes d'exécution risquent d'apparaître. En outre, on pourrait avoir de nouvelles élections dans le pays avec une potentielle instabilité politique. Après l'échéance du 20 août, qui correspond à un remboursement prévu de la Grèce auprès de la Banque Centrale Européenne, des inquiétudes pourraient à nouveau se faire jour. On a ainsi une menace réelle et sérieuse sur les marchés actions à compter de la fin août.

Boursier.com : Dans ces conditions, quelle attitude adoptez-vous ?

S.K. : Si le marché parisien revient vers 5.400-5.500 points à la mi-août, il semble raisonnable d'adopter alors une attitude plus prudente. Au-delà de la Grèce, Wall-Street affiche une certaine fragilité. D'ici la fin de l'année, on pourrait assister à deux remontées de taux de 25 points de base, la première en septembre et la seconde en décembre. Ce n'est pas le scénario envisagé par les stratégistes. De plus, les valorisations des sociétés américaines sont élevées et le Dollar fort ne joue pas en leur faveur. On observe d'ailleurs une multiplication des signaux d'alerte selon une approche technique. Au sein du SP500, ce sont les plus fortes capitalisations qui tirent l'indice vers le haut. Les investisseurs adoptent ainsi une position défensive en se plaçant sur les titres les plus liquides. On est probablement à la veille d'un épisode de fragilité sur le SP500.

Boursier.com : Quelles sont les valeurs que vous appréciez ?

S.K : A court terme, je joue la thématique de la croissance domestique en Europe au détriment de la croissance globale. Dans ce cadre, il convient de sous-pondérer l'aéronautique ou le luxe. En revanche, le dossier Carrefour est intéressant de même que Bouygues. On peut aussi suivre de près les banques européennes avec une préférence pour les établissements italiens.

Boursier.com : D'autres idées ?

S.K. : Alors que les valeurs moyennes ont connu un parcours un peu décevant sur le début 2015, elles pourraient progressivement rattraper leur retard. Nous apprécions Haulotte ou l'éditeur de logiciels Cegid. Sequana semble aussi dans un bon timing de même que Chargeurs. Par ailleurs, on pourra jouer la thématique de la digitalisation avec Sqli, Octo ou Devoteam. Enfin, Rentabiliweb constitue un autre dossier séduisant.

©2015-2020,