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Sandrine Cauvin, Analyste-gérante chez Otéa Capital

Sandrine Cauvin Analyste-gérante chez Otéa Capital

Le prix du baril de pétrole va demeurer bas!
Sandrine Cauvin, Analyste-gérante chez Otéa Capital

Boursier.com : Le prix du baril de pétrole est toujours à la peine... Comment le voyez-vous évoluer à court terme ?

S.C. : A court terme, les mouvements sont difficiles à anticiper ! La question est celle de la reprise associée à ce déconfinement. On constate qu'elle a été assez lente en Chine où par exemple le trafic routier demeure 30 à 40% en-dessous de la moyenne. Il reste très lié à l'agroalimentaire. Concernant l'aérien, qui avant crise, représentait 8% de la consommation mondiale de pétrole, ce sont 4 millions de barils de pétrole en moins sur le marché, chaque jour pendant 6 mois, sur les 100 millions consommés quotidiennement. On n'a aujourd'hui aucune idée de ce que sera la consommation de pétrole à court et moyen terme! Qu'en sera-il des voyages? Des habitudes de télétravail?

Boursier.com : Du côté de l'offre, la production a diminué depuis le 1er mai...

S.C. : On demeure en forte surproduction. La baisse de production décidée par les membres de l'OPEP n'est effective que depuis début mai. Les tankers ont été chargés "à bloc" jusqu'à fin avril et n'ont pas encore livré leur pétrole sur le Marché! Les stocks ne peuvent plus absorber de surplus. Au final, le prix du baril va rester bas en raison de ce décalage entre l'offre et la demande.

Boursier.com : Le pétrole de schiste américain peut-il survivre?

S.C. : Les acteurs souffrent indéniablement. Plusieurs sociétés sont sous le régime des faillites du "Chapter 11". Le nombre de foreuses en activité s'effondre. Les équipes de fracturation sont passées de 300 à 50 en un an. Pour autant, je ne vois pas les américains "lâcher" ce secteur économique. Donald Trump l'a dit. Il est prêt à sauver l'industrie du pétrole de schiste. Les acteurs les plus solides pourraient s'emparer des plus faibles et la production repartira lorsque le prix du baril sera plus élevé. Je ne crois pas à la mort du pétrole de schiste américain.

Boursier.com : Avez-vous réalisé des arbitrages durant la période chahutée?

S.C. : Nous n'avons conservé que deux majors pétrolières dans le portefeuille : Total et Shell. Total nous paraît toujours bien positionné et sait se montrer opportuniste pour réaliser des rachats à bon compte. Pour ce qui est de Shell nous apprécions aussi le fait qu'il soit un acteur gazier, le gaz étant un actif important dans le cadre de la transition énergétique. Nous avons aussi renforcé des lignes comme Schneider Electric, Legrand, Albioma, Française de l'Energie pour profiter des baisses de cours...

Boursier.com : Voyez-vous Total maintenir son dividende ?

S.C. : C'est le cas pour l'instant. Les Capex ont été largement coupés. Concernant le futur coupon, Total laisse la possibilité d'un dividende cash ou en actions. La génération de cash au premier trimestre couvre le versement du dividende du premier trimestre. De plus, le groupe peut emprunter dans de bonnes conditions grâce une bonne notation et un endettement faible. Le dividende ne semble pas menacé.

Boursier.com : Les parapétrolières sont-elles trop risquées à jouer? Elles se sont effondrées mais ont aussi fait parti des valeurs ayant le plus fortement rebondi...

S.C. : Quand on constate les réductions de CAPEX des pétrolières, on a de quoi être inquiets pour les parapétrolières! De nombreuses valeurs du secteurs sont devenues des objets de trading spéculatifs auprès des investisseurs. Ce qui est sûr c'est que les acteurs vont souffrir notamment l'exploration en offshore profond. Nous n'avions plus de titres du secteur depuis octobre et ne sommes pas prêts de revenir dessus!

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