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Raphaël Elmaleh, Fondateur de Keren Finance

Raphaël Elmaleh Fondateur de Keren Finance

Le marché actions va dans le sens de l'Histoire...
Raphaël Elmaleh, Fondateur de Keren Finance

Boursier.com : Quel est votre avis concernant les taux d'intérêt négatifs ?

R.E. : Je ne vois que des aspects positifs à cette situation. On dit que les taux négatifs peuvent nuire à la profitabilité des banques mais, dans le détail, la Banque Centrale Européenne a mis en place un mécanisme qui permet de ne pas sanctionner les banques. Désormais, la BCE achète des obligations d'entreprises bien notées ce qui conduit à un resserrement des spreads. Toutes les catégories de dette ont bénéficié de la politique menée par Mario Draghi, y compris les dettes dites 'high yield'. La volatilité sur le marché du crédit s'est très largement calmée. En revanche, on constate que la volatilité est toujours présente sur les marchés actions en fonction de l'évolution du pétrole, des taux de change...

Boursier.com : Le 'high yield' est-il désormais davantage recherché ?

R.E. : Avec le Quantitative Easing mis en place par la BCE, le marché obligataire est en situation de pénurie de papier. Par opportunisme, certains investisseurs obligataires se tournent davantage vers le 'high yield'.

Boursier.com : Le marché actions se situe-t-il sur des niveaux attractifs ?

R.E. : Le marché actions va dans le sens de l'histoire... Or, la situation économique de l'Europe tend à s'améliorer, les bilans des entreprises sont globalement sains après été beaucoup travaillés, il n'y a donc pas de souci concernant la solvabilité des sociétés... Mais le marché a évolué en partie à cause de la réglementation. De nombreux investisseurs institutionnels sont moins actifs en bourse tandis que les hedge funds, les ETF et les programmes automatiques prennent le dessus. Ce phénomène a tendance à augmenter les écarts de cours...

Boursier.com : Les obligations semblent aujourd'hui bien chères...

R.E. : Sur le marché obligataire, le risque pris est-il suffisamment rémunéré avec un rendement de l'ordre de 2,5% sur des signatures B ou BB ? Avec les mesures de la BCE, les décalages baissiers sont moins fréquents. Les entreprises ont tendance à racheter leurs anciennes dettes et à réaliser de nouvelles émissions d'une durée plus longue avec des taux plus faibles. Chez Keren Finance, la période actuelle nous semble propice à une stratégie 'buy and hold' sur les obligations. Autrement dit, nous achetons du papier quand les opportunités existent et nous le conservons.

Boursier.com : Sur ce marché obligataire, quelles sont les sociétés qui retiennent votre attention ?

R.E. : Nous avons acheté des obligations Rallye lors de l'affaire Muddy Waters. La société de tête de Casino dispose d'importantes lignes de trésorerie non tirées qui permettent de couvrir ses engagements. Elle bénéficie du flux de trésorerie issu des dividendes versés par Casino. Nous apprécions le monde de la distribution, Keren Finance est ainsi un des premiers porteurs de dette Rallye. Vallourec et Eramet retiennent également notre attention. L'appel au marché effectué par Vallourec semble bien calibré pour rétablir les équilibres financiers de l'entreprise. En revanche, nous nous méfions de la technologie alors que la durée de vie d'une innovation est de plus en plus courte. Le secteur bancaire est compliqué dans la mesure où il existe une forte corrélation entre l'évolution des actions et des obligations au sein de cet univers. Nous avons ainsi réduit notre pondération à l'égard des valeurs financières.

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