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Raheel Altaf, Gérant du fonds Artemis Global Emerging Markets chez Artemis IM

Raheel Altaf Gérant du fonds Artemis Global Emerging Markets chez Artemis IM

Les actions émergentes affichent des niveaux de valorisation bon marché
Raheel Altaf, Gérant du fonds Artemis Global Emerging Markets chez Artemis IM

Boursier.com : Quel est aujourd'hui le profil des marchés émergents ?

R.A. : Les marchés émergents ont fait preuve d'une nouvelle vigueur en se transformant en économies tirées par la consommation. Une sensibilité moindre aux matières premières et au dollar américain laisse place à des perspectives plus équilibrées pour cette classe d'actifs. Cette année, les actions des marchés émergents ont continué leur progression, en raison d'une embellie de l'économie mondiale, de meilleures perspectives pour les bénéfices et surtout d'une forte croissance des sociétés technologiques. A fin septembre, les actions émergentes affichaient une hausse de 28% depuis le début de l'année, surperformant ainsi les valeurs des marchés développés de presque 12%.

Boursier.com : Cette dynamique est-elle durable ?

R.A. : Cette hausse semble rétablir la tendance à long terme d'une surperformance des marchés émergents par rapport aux marchés développés, une tendance mise au défi ces derniers temps. La forte hausse de certains des plus grands marchés tels que la Chine, l'Inde et la Corée du Sud est le reflet de l'embellie de grande ampleur dont bénéficient les marchés émergents. Les actions chinoises se sont démarquées et augmenté de 41%. Ces gains peuvent s'expliquer en grande partie par le passage du pays à une économie tirée par la consommation. Les tendances de consommation stimulent les bénéfices des sociétés, qu'il s'agisse d'une hausse de la demande de voitures ou de l'usage accru du commerce électronique et des réseaux sociaux. En dépit de cela, de nombreux investisseurs sont sceptiques quant aux perspectives économiques de la Chine et continuer de la sous-pondérer.

Boursier.com : La dépendance des émergents aux matières premières est-elle toujours de mise ?

R.A. : Etant donné que les prix des matières premières et de l'énergie ont perdu leur dynamique affichée en 2016, la vigueur durable des actions émergentes peut paraître inhabituelle. Dans le passé, les périodes de prix faibles des matières premières avaient tendance à aller de pair avec une chute des actions émergentes. La divergence cette année, quoique inhabituelle, n'est pas surprenante vu la manière dont les composantes du marché ont changé au cours du temps.

Boursier.com : Dans quel sens ?

R.A. : Il y a dix ans, les trois principaux secteurs du MSCI Emerging Markets Index en termes de pondération étaient les services financiers, l'énergie et les ressources naturelles. Mais aujourd'hui, et cela reflète la demande globale de biens fabriqués dans les pays émergents et la robustesse financière de leurs consommateurs locaux, les trois principaux secteurs sont la technologie, les services financiers et les biens de consommation. Ainsi dans l'ensemble, les actions émergentes sont beaucoup moins dépendantes des prix des matières premières qu'elles ne l'étaient historiquement.

Boursier.com : Quel est l'impact du Dollar ?

R.A. : Les économies des marchés émergents se sont améliorées ces dernières années. Dans l'ensemble, leurs économies affichent un surplus de leur compte courant et même les économies les plus fragiles ont réduit leurs déficits. Cela explique peut-être pourquoi leur relation au Dollar a changé. La corrélation dollar et actions émergentes a diminué l'an dernier. Une des principales inquiétudes des investisseurs au début de l'année concernait l'impact que pourrait avoir un Dollar fort sur les marchés émergents. De fait, le consensus prévoyait que le Dollar grimperait au cours de l'année. Or jusqu'à présent, c'est exactement le contraire qui s'est produit. Non seulement il n'y a pas eu de rallye du Dollar, mais en plus toutes les monnaies des marchés émergents de premier plan se sont appréciées face au Dollar, signe de la résilience des économies des marchés émergents. Les devises des marchés émergents offrent des rendements attrayants et le carry trade se porte bien actuellement, une preuve de l'optimisme accru des investisseurs étrangers vis-à-vis des économies émergentes.

Boursier.com : Pourquoi investir dans les émergents aujourd'hui ?

R.A. : Sur le long terme, les marchés émergents sont sous-représentés dans les marchés actions mondiaux. Ils constituent un tiers du PIB mondial en valeur nominale et presque la moitié en termes de parité de pouvoir d'achat. Ils produisent aussi environ 35% des exportations mondiales. Et pourtant ils sont sous-représentés sur les marchés actions, soit juste 10% au-dessus du benchmark global. Avec le temps, la présence globale des marchés émergents sera représentée de manière plus appropriée au sein du benchmark. Nous y voyons une occasion d'investir à long terme dans les marchés émergents.

Boursier.com : Un mot sur la valorisation des actions émergentes...

R.A. : Les actions émergentes affichent des niveaux de valorisation bon marché en comparaison à celles des pays développés. Elles sont particulièrement attrayantes face aux actions américaines qui ont suscité des inquiétudes de valorisations trop élevées. De plus, l'embellie économique a permis une amélioration des marges des bénéfices et les perspectives de croissance des marchés émergents sont désormais meilleures que celles des pays développés. Les sociétés concernées affichent des valorisations bon marché et une bonne croissance. Les investisseurs en ont pris note, les flux vers cette classe d'actifs sont positifs cette année. Pourtant les investisseurs continuer de sous-pondérer les émergents, ce qui suggère qu'ils ont encore de la marge.

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