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Peter Bentley, Directeur de la gestion crédit monde & Royaume-Uni chez Insight Investment groupe BNY Mellon IM

Peter Bentley Directeur de la gestion crédit monde & Royaume-Uni chez Insight Investment groupe BNY Mellon IM

Un point d'inflexion sur les marchés obligataires?
Peter Bentley, Directeur de la gestion crédit monde & Royaume-Uni chez Insight Investment groupe BNY Mellon IM

Boursier.com : Quels sont les risques qui se profilent sur le marché obligataire ?

P.B. : Il se pourrait que nous ayons atteint un point d'inflexion sur les marchés obligataires à l'heure où les banques centrales semblent avoir épuisé leur arsenal d'outils de politique monétaire. Parallèlement, les risques politiques, notamment le résultat de l'élection présidentielle américaine, ont fait chuter les cours des obligations d'État en-deçà des points touchés en 2016. Dans ce contexte où seule l'incertitude est certaine, les marchés des emprunts d'État et des obligations d'entreprises n'échapperont pas à des épisodes de volatilité. Si ces pics de volatilité préoccupent la plupart des investisseurs, ils peuvent se révéler bénéfiques pour les investisseurs capables d'adopter une approche de performance absolue flexible.

Boursier.com : La période des taux négatifs est-elle terminée ?

P.B. : Depuis la crise financière et durant la majeure partie de 2016, la politique monétaire expansionniste a soutenu les cours des emprunts d'État. 10.000 milliards de Dollars d'emprunts d'État se traitaient ainsi sur des niveaux de rendements négatifs, soit un montant record. Toutefois, en cours d'année 2016, les banques centrales ont montré des signes de désaffection pour les politiques d'assouplissement monétaire, redoutant particulièrement l'effet des taux faibles ou négatifs et de l'aplatissement de la courbe de taux sur les banques. Le bruit a couru que la Banque Centrale Européenne envisageait de réduire le montant de ses achats d'actifs dans le cadre de son programme d'assouplissement quantitatif, ce qui a entraîné une correction des emprunts d'État, après des points hauts historiques atteints plus tôt dans l'année.

Boursier.com : Quelles sont les conséquences de l'élection de M. Trump pour les obligations ?

P.B. : L'élection de Donald Trump en novembre n'a fait qu'amplifier la tendance en place. Le résultat inattendu de l'élection présidentielle a renforcé la probabilité d'assister à la mise en oeuvre d'une politique de relance budgétaire aux États-Unis, poussant de fait les anticipations inflationnistes à la hausse. Les bons du Trésor américains ont connu leur pire journée depuis 25 ans suite à l'annonce du résultat. Le rendement des bons du Trésor américains à deux ans s'établit à son plus haut niveau depuis 2010. Les rendements des bons du Trésor assortis de maturités plus longues s'établissent quant à eux sur des plus hauts sur 12 mois. Il est encore trop tôt pour savoir si ces mouvements représentent le début d'une inversion radicale de l'évolution des rendements obligataires. Néanmoins, cette incertitude concourt à renforcer la probabilité de nouveaux épisodes de volatilité.

Boursier.com : Comment peut-on profiter de la volatilité ?

P.B. : De nombreux investisseurs appréhendent la volatilité, mais elle peut se révéler bénéfique pour certaines stratégies. Les fonds de performance absolue qui adoptent un positionnement long ou short sur l'ensemble de l'univers obligataire ne dépendent pas des niveaux des taux ou de l'orientation du marché pour générer des performances régulières. Ils s'efforcent plutôt d'identifier les opportunités de valeur absolue et relative entre et au sein des émetteurs, secteurs et différentes régions du monde. Ainsi, lorsque deux pays affichent des perspectives monétaires divergentes, le fait d'adopter un positionnement long sur un marché et un positionnement short sur l'autre peut se révéler être une source majeure de valeur. Les investisseurs en obligations d'entreprises peuvent ainsi éviter les segments du marché dont les performances ne sont pas assez élevées au regard des risques politiques et privilégier à la place les segments plus rémunérateurs...

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