Paul Jackson, Responsable de la recherche en allocation d'actifs chez Invesco

Paul Jackson Responsable de la recherche en allocation d'actifs chez Invesco

Les hausses de taux directeurs des banques centrales ne font plus baisser les marchés actions...
Paul Jackson, Responsable de la recherche en allocation d'actifs chez Invesco

Boursier.com : Comment abordez-vous la fin d'année ?

P.J. : Nous surpondérons toujours les actions, mais les sous-pondérons aux Etats-Unis, marché que nous trouvons cher... Si on considère l'ensemble des grandes classes d'actifs, nous préférons l'immobilier aux actions, les actions au crédit Investment Grade, et ce dernier à la dette souveraine. Pour ce qui est des actions, nous demeurons confiants, dans la mesure où nous sommes dans une séquence où les bénéfices continuent de progresser, de même que les dividendes, et ce, plus rapidement que les prix... Mais nous entrons sans doute dans une phase plus difficile...

Boursier.com : C'est-à-dire ?

P.J. : Une normalisation du niveau de croissance est attendue et l'activité économique est déjà moins vigoureuse aujourd'hui qu'il y a 6 ou 9 mois. Pour autant, je ne pense pas que nous soyons en fin de cycle... En effet, des ressorts existent pour soutenir une poursuite de l'expansion de la croissance économique : la forte épargne des ménages laisse penser que les consommateurs ont les moyens de continuer à dépenser. Je pense que nous avons devant nous encore plusieurs années d'expansion, mais que le ciel ne sera pas toujours bleu...

Boursier.com : La Fed peut-elle gripper la machine ?

P.J. : Je ne pense pas que la Fed cherche à "tuer" ce cycle de croissance. Le niveau d'expansion de la masse monétaire américaine est considérable ! On ne retrouve un tel niveau qu'en Turquie ! Concernant les taux d'intérêt, je pense que le premier tour de vis pourrait intervenir mi-2022, alors que la majorité des observateurs misent plutôt sur la fin 2022.

Boursier.com : Concernant les actions, quelle zone a votre préférence ?

P.J. : Je pense que les marchés émergents présentent un potentiel d'appréciation intéressant. On constate que les bénéfices des sociétés y ont baissé depuis des années du fait notamment du recul des prix des matières premières. Or, désormais ces prix repartent à la hausse... En outre, personne ne veut investir en Chine en raison, entre autres, des mesures gouvernementales annoncées... C'est peut-être le moment d'y aller !

Boursier.com : Doit-on redouter l'inflation pour les marchés actions ?

P.J. : Historiquement, on constate qu'il n'y a pas de classe d'actifs pour traverser au mieux une période d'inflation, et on constate même depuis 20 ans que les hausses de taux directeurs des banques centrales ne font plus baisser les marchés actions, les investisseurs interprétant ces mouvements comme un signe de confiance dans l'économie. Dans le détail, on peut imaginer toutefois que les actions de croissance seront plus pénalisées que les titres "value", en cas d'inflation prononcée.

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