Paul Casson, Gérant actions européennes chez Artemis IM

Paul Casson Gérant actions européennes chez Artemis IM

De prime abord, les actions européennes semblent bon marché...
Paul Casson, Gérant actions européennes chez Artemis IM

Boursier.com : Qu'attendez-vous de la conjoncture européenne cette année ?

P.C. : La réponse tient dans un mouchoir de poche : pas grand-chose. Les exportations allemandes, moteur de croissance Outre-Rhin, connaissent des difficultés car la demande de l'étranger a baissé à un niveau où même un euro faible ne semble plus pouvoir leur donner un coup de pouce. La France est en proie à une paralysie politique et sociale et cela ne constitue pas un environnement favorable à l'investissement. L'Italie fait face à des défis bien connus. L'Espagne tente de gouverner avec une minorité parlementaire. Et puis, il y a le Brexit. Je pourrai continuer à égrener les raisons mais aucune de ces situations n'inspire confiance dans la demande intérieure et la croissance globale extérieure n'est pas encourageante non plus. L'Europe a besoin de mesures de toute urgence pour s'aider elle-même mais aucune ne semble se profiler à l'horizon.

Boursier.com : La BCE va-t-elle bientôt remonter ses taux directeurs ?

P.C. : Je doute que la BCE remonte ses taux directeurs dans un futur proche ou suffisamment proche. Pour preuve, à chaque étape de la crise financière globale et de la période qui s'ensuit, la BCE réagit avec retard et fait le strict minimum afin de reporter les inévitables désagréments. Je ne vois aucun changement de tendance en matière de relèvement des taux d'intérêts. Il s'agit là d'un problème et d'un défi important lorsque les taux doivent être abaissés au cours d'une prochaine récession alors qu'ils n'ont pas été relevés de façon appropriée au préalable.

Boursier.com : Que pensez-vous des valorisations actuelles des actions européennes ?

P.C. : De prime abord, les actions européennes semblent bon marché, après avoir vu leurs valorisations baisser pour une grande partie de 2018. Toutefois, les prévisions de croissance des bénéfices pour 2019 restent trop élevées : dans certains cas, les chiffres avancés suggèrent que ces bénéfices augmenteront bien plus qu'en 2018. C'est clairement irréaliste en termes de tendance et de volume. Bon nombre d'analystes attendent la publication des résultats finaux des sociétés et de leurs perspectives avant de revoir leurs estimations à la baisse. Il y aura beaucoup d'avertissements sur les résultats de sociétés dans les semaines à venir. Nous pensons que lorsque le marché considèrera qu'une croissance zéro des bénéfices des sociétés est une éventualité réaliste il sera bien plus sûr d'avoir une position longue sur les actions européennes.

Boursier.com : Quel(le)s sont les secteurs/valeurs qui vous apparaissent particulièrement dépréciés ?

P.C. : Nous pensons que le secteur de l'énergie offre les meilleures valorisations. Alors que le reste du monde débat de la probabilité d'une récession en 2019, il est évident que le secteur de l'énergie sort de sa propre récession de quatre ans. C'est la raison pour laquelle nous sommes convaincus que les prévisions de bénéfices de ce secteur sont bien plus réalistes que celles d'autres filières. Nous constatons aussi tous les signes classiques d'un redressement dans le secteur de l'énergie lesquels se matérialisent par des carnets de commande des sociétés de services à nouveau en hausse et des nouveaux projets signés par les sociétés pétrolières.

Boursier.com : Etes-vous acheteur des bancaires ?

P.C. : Oui, j'investis dans les bancaires si l'occasion se présente de générer de l'argent. Les bancaires constituent l'un des secteurs les moins populaires du marché à l'heure actuelle, les valorisations sont là pour le prouver. Le fonds que je gère a notamment investi dans deux bancaires italiennes récemment.

©2019,

Partenaires de Boursier.com