Ollie Beckett, Gérant petites capitalisations boursières européennes chez Janus Henderson Investors

Ollie Beckett Gérant petites capitalisations boursières européennes chez Janus Henderson Investors

Acheter les petites capitalisations européennes sur un P/E de 11 est une bonne idée...
Ollie Beckett, Gérant petites capitalisations boursières européennes chez Janus Henderson Investors

Boursier.com : Les petites et moyennes capitalisations européennes demeurent sous-évaluées, comment l'expliquer?

O.B. : En Europe, les petites capitalisations ont surperformé au cours de 14 des 21 dernières années, car elles offrent une croissance plus importante. Et les investisseurs ont fui les petites capitalisations en 2023 face aux craintes concernant la récession qui semblait inéluctable. Récession qui n'est pas arrivée... Le fait qu'on s'oriente vers un "soft landing" avec une amorce de baisse des taux d'intérêt, suscite un regain d'intérêt sur ces valeurs délaissées. Il est toutefois encore faible... Et demande à être confirmé.

Boursier.com : Justement, est-ce le bon moment?

O.B. : Si on raisonne en termes de valorisation, acheter cette classe d'actifs sur un P/E de 11 est une bonne idée... Ce niveau n'est pas extrême en valeur absolue, mais reste attractif. On peut constater une progression de 109% trois ans après un tel niveau atteint en mai 2012. De 69% après août 2011, toujours sur ce niveau de 11 fois le P/E. Les performances à ces dates respectives ressortent à 135% et 108% 5 ans plus tard. Par ailleurs, la décote des petites capitalisations européennes ressort à -6% par rapport aux grandes valeurs européennes et à -38% par rapport aux grandes valeurs américaines.

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Boursier.com : Pourquoi les petites capitalisations européennes plutôt que les américaines?

O.B. : Les petites capitalisations européennes sont plus exposées à la croissance internationale que les petites capitalisations américaines, plus dépendantes de la consommation domestique. Elles sont donc mieux positionnées pour profiter d'un retour de la croissance. Elles sont en outre moins chères, génèrent un flot de fusions/acquisitions important : 91% des fusions/acquisitions ont concerné des sociétés valorisées entre 0,5 et 5 Mds£ entre 2008 et 2023 en Europe. Enfin, elles affichent une croissance plus élevée des revenus : de 1990 à 2022, 79% du temps les petites capitalisations ont généré une croissance d'EBITDA supérieure à celle des grandes capitalisations.

Boursier.com : Quel élément déclencheur pourrait contribuer au regain d'intérêt pour la classe d'actifs?

O.B. : Le pic d'inflation est derrière nous et l'amélioration des indicateurs PMI va dans le bon sens. Historiquement, la progression des petites capitalisations va de pair avec une progression de ces indicateurs. A suivre donc...

Boursier.com : Quels titres français possédez-vous en portefeuille?

O.B. : Derrière le Royaume-Uni (21,7%), la France, avec 13,7% du fonds, est le pays le plus représenté au sein du fonds. Nous détenons notamment des actions Mersen, Nexans, GTT, Ipsos, Quadient... Concernant GTT, le groupe bénéficie de la demande croissante de GNL tirée par la volonté d'indépendance énergétique de l'Occident. De même, la Chine passe du charbon au gaz. GTT est aussi bénéficiaire de réglementations plus strictes en matière d'émissions dans le secteur du transport maritime. Mersen est pour sa part bien positionné pour bénéficier de la croissance sur les marchés en transition vers l'énergie durable et le groupe est notamment doté de fortes barrières à l'entrée.

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