Olivier Marinot, Gérant du fonds Entreprendre PME chez MCA Finance

Olivier Marinot Gérant du fonds Entreprendre PME chez MCA Finance

Medicrea, Reworld, Verimatrix, Partouche parmi les petites valeurs...
Olivier Marinot, Gérant du fonds Entreprendre PME chez MCA Finance

Boursier.com : Avant la hausse de ces dernières séances, l'été a été assez compliqué pour les petites capitalisations...

O.M. : En juillet et août, les petites capitalisations peuvent connaitre des variations importantes parce que les carnets d'ordres se vident quelque peu... Les flux acheteurs ou vendeurs font alors varier les cours de façon importante. Pour autant, il n'est pas facile d'intervenir dans cette période, étant donné l'étroitesse des échanges. Ce ne sont donc pas forcément des mois où nous sommes très actifs. Dans des volumes restreints, il est difficile d'acheter ou vendre des blocs...

Boursier.com : Quelle est la première ligne de votre fonds ?

O.M. : Medicrea est la première ligne. Son produit phare, UniD, bénéficie d'une croissance exceptionnelle aux Etats-Unis avec une approche disruptive de la chirurgie de la colonne vertébrale. Plus de 2000 opérations ont été réalisées depuis plus d'un an. Les deux mastodontes américains qui sont sur ce marché pourraient être intéressés par la technologie de Medicrea d'autant qu'ils sont actifs en termes de croissance externe. Ce produit est vendu sur un taux de marge brute de l'ordre de 90% et sa forte croissance doit rapidement se concrétiser sur la rentabilité de Medicrea, qui devrait être en EBIT positif rapidement. Il s'agit d'une medtech industrielle, qui réalise du chiffre d'affaires et dont le produit phare est en forte croissance ! C'est rare!

Boursier.com : Les autres principales lignes du fonds ?

O.M. : Reworld Media, qui a racheté Mondadori France pour réaliser d'importantes synergies et augmenter les revenus digitaux des marques " print ". Cette partie marketing digital est en forte croissance avec de belles marges. Décliné sur les marques fortes de Mondadori, on peut imaginer que le modèle débouchera sur une croissance significative. Reworld devient aussi un des leaders du secteur et c'est important. Memscap, qui conçoit les mems indispensables à tous les appareils électroniques actuels, fait aussi parti de notre portefeuille. Le positionnement sur l'aéronautique pour les calculs de pression ou d'altitude est stratégique : il apporte une forte visibilité et une forte croissance à Memscap, avec des marges supérieures. Nous aimons aussi le groupe Partouche qui a investi énormément ce qui a occasionné des fermetures de casinos en rénovation. Partouche en a logiquement souffert financièrement et boursièrement. Le free cash-flow est beaucoup moins élevé alors que le groupe est en mesure de dégager autour de 30 ME. Lorsque les investissements reviendront à des niveaux normatifs, lors de l'exercice 2021, on tendra vers ces niveaux et le groupe aura la capacité de distribuer des dividendes importants. L'action est sous-valorisée à nos yeux, en prenant en compte ce free-cash flow potentiel et au regard de son actif immobilier puisque le groupe est propriétaire de ses casinos.

Boursier.com : Avez-vous récemment constitué de nouvelles lignes ?

O.M. : Nous sommes récemment entrés sur Verimatrix, l'ancien Inside Secure, qui se développe autour d'un logiciel de sécurisation des flux vidéo, des serveurs à l'utilisateur. Dans le même domaine, nous sommes aussi actionnaires d'Anevia, qui intervient plus en amont, au moment où la vidéo sort de la caméra... Anevia se paye moins d'une fois le chiffre d'affaires... Un des concurrents a réalisé une augmentation de capital autour de 3 fois! Selon nous, si Anevia se paye peu cher, c'est sans doute parce que le point mort n'a pas encore été atteint... Nous étions aussi présents au capital d'Ateme, mais avons cédé la position lorsque le titre s'est emballé à la hausse.

Boursier.com : Misez-vous sur des opérations de rachat sur les petites valeurs dans les prochains mois ?

O.M. : Le caractère opéable ne peut pas être le seul argument pour acheter une petite capitalisation. Il faut acheter une petite valeur parce qu'on pense qu'elle a les moyens de se développer autour d'un produit phare sur un secteur fort et qu'elle a les moyens de faire progresser ses marges. Si ces éléments-là sont réunis, alors, elle sera de facto opéable via une entreprise de taille importante.

Boursier.com : Qu'anticipez-vous pour les petites valeurs d'ici la fin d'année ?

O.M. : La sous-performance par rapport aux grandes capitalisations est réelle depuis près de 2 ans. On constate actuellement que les rachats se poursuivent sur les fonds dédiés aux small caps, alors que des signaux importants prouvent qu'on est pourtant sur des niveaux de valorisation faibles : beaucoup de dirigeants rachètent des titres si on en croit les déclarations. Certains rachètent même les groupes via des offres comme c'est le cas pour Evolis ou Aurea. Clairement, management ou actionnaires historiques qui sont au capital pour le long terme, profitent des cours actuels pour se renforcer. Un rattrapage des petites capitalisations devrait logiquement intervenir.

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