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Nick Clay, Gérant chez Newton Investment Management de BNY Mellon IM

Nick Clay Gérant chez Newton Investment Management de BNY Mellon IM

Un QE4 cette année est plus probable aux Etats-Unis qu'une hausse des taux
Nick Clay, Gérant chez Newton Investment Management de BNY Mellon IM

Boursier.com : Craignez-vous une baisse de la croissance américaine ?

N.C. : Contrairement au consensus, nous ne croyons pas à une reprise économique dans un avenir proche. Nous pensons au contraire être face à un ralentissement mondial... C'est pourquoi nous avons positionné le fonds sur des sociétés que nous jugeons plus défensives, plus durables et moins exposées aux cycles économiques, comme McDonald et Reynolds American. Fin 2015, notre stratégie a surpondéré les actions américaines et les dollars américains pour la première fois en 10 ans. C'est toujours notre positionnement au mois de février 2016. Au fil du temps, nous avons construits des "dollar-bond proxies" au sein du portefeuille, suite à l'aplatissement de la courbe de rendements dont nous avons été témoins, même après la hausse des taux US. Habituellement, celle-ci se redresse après une hausse des taux, mais à cette occasion, elle s'est aplatie, ce qui est typique d'un comportement de fin de cycle. Nous pensons qu'un grand changement se prépare dans les marchés émergents et, le jour où il se produira, nous passerons à une stratégie plus "pro-cyclique" comme c'était le cas en 2006/2007. Nous sommes notamment susceptibles d'augmenter le nombre d'expositions, sachant que notre stratégie repose actuellement sur un niveau historiquement bas de 50 titres. Le plus grand nombre de titres que nous avons détenus au cours de la dernière décennie est de 63, ce qui est mieux adapté à un positionnement pro-cyclique car le risque potentiellement plus élevé implique que nous prenions de plus petites positions.

Boursier.com : La valorisation de Wall Street est-elle trop élevée selon vous ?

N.C. : Nous pensons que les prévisions de croissance du consensus vont être déçues. Nous pensons qu'un changement de politique est à venir aux États-Unis, que les taux seront ramenés à zéro et qu'il est beaucoup plus probable que nous nous retrouvions avec un QE4 cette année plutôt qu'avec une hausse des taux...

Boursier.com : Que pensez-vous des mesures prises par les banques centrales ?

N.C. : Notre point de vue est que la politique monétaire non-orthodoxe de ces dernières années a été malavisée... Nous pensons que les décisionnaires politiques se sont trompés dans leur analyse de l'économie en la voyant comme une machine, et en croyant que par l'augmentation des prix des actifs, ils seraient en mesure de "stimuler" la demande qui pourrait à son tour générer de la croissance et de l'inflation au profit de la dette dans l'économie. Pour nous, l'économie est un écosystème beaucoup plus complexe et imprévisible, et nous craignons que par l'augmentation des prix des actifs, les autorités envoient un mauvais signal à l'économie : notamment celui de pouvoir maintenir un niveau artificiel de la consommation. Ce qui conduirait en fin de compte à une offre excédentaire, et donc déflationniste, tout en provoquant une augmentation des niveaux de la dette et un affaiblissement de la productivité. Selon nous, l'assouplissement quantitatif (QE) des banques centrales en dehors des États-Unis ne pourra pas sauver la croissance mondiale en 2016. Ce qui rend plus probable une marche arrière de Janet Yellen. Calculé en dollars américains, monnaie de référence pour la plupart des entreprises et des pays, la croissance du PIB mondial s'est contractée lors des deux derniers trimestres, de sorte que le monde est techniquement en récession. La différence entre les programmes d'assouplissement quantitatif des États-Unis et les stimuli des banques centrales des autres pays est que le premier avait effectivement réussi à stimuler la croissance mondiale.

Boursier.com : Le faible prix du pétrole est-il une bonne ou une mauvaise chose pour l'économie mondiale ?

N.C. : Comme nous l'avons souligné dans notre nouveau thème de l'abondance, nous pensons que la baisse du prix du pétrole illustre une tendance plus large de l'offre à la surcapacité dans de vastes pans de l'économie mondiale... Selon nous, c'est un autre effet secondaire de l'assouplissement de la politique monétaire. Les coûts d'emprunt historiquement bas ont non seulement favorisé un approvisionnement excédentaire, mais également contribué à soutenir des entreprises "zombies" inefficaces qui, autrement, auraient fermé ou été rachetées par des acteurs plus solides... La pression sur les prix qui en résulte est positive pour les consommateurs et autres utilisateurs de ces biens et services, mais l'abondance de choix pour de nombreux produits est écrasante. Nous croyons que l'impact de cette abondance est susceptible d'être négative pour les entreprises comme les producteurs de produits de base ou celles ayant des coûts fixes élevés.
Les entreprises qui réussissent sont souvent celles dont la puissance et les positions concurrentielles sont soutenues par une combinaison de force de la marque, d'offres uniques, d'innovation technologique et d'opérations adaptables à faible coût. Par exemple, les nouveaux entrants qui peuvent agir comme des guides et des facilitateurs pour aider les consommateurs à comprendre le vaste choix de services disponibles sont susceptibles d'être bien placé pour en bénéficier...

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