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Matthieu Grouès, Directeur des Gestions Institutionnels chez Lazard Frères Gestion

Matthieu Grouès Directeur des Gestions Institutionnels chez Lazard Frères Gestion

Il n'y a pas de signe de ralentissement de l'économie mondiale
Matthieu Grouès, Directeur des Gestions Institutionnels chez Lazard Frères Gestion

Boursier.com : Quelle est votre vision de la conjoncture économique ?

M.G. : Les enquêtes restent cohérentes avec une croissance économique vigoureuse de l'ordre de +4% au niveau mondial. Pour l'heure, il n'y a pas de signe de ralentissement... On peut toutefois noter que les exportations mondiales en volume ont tendance à se montrer moins dynamiques même si elles continent d'évoluer de manière positive.

Boursier.com : Quelle est la situation aux Etats-Unis ?

M.G. : La croissance américaine a accéléré pour atteindre son rythme le plus fort depuis 2013, elle a ainsi dépassé les 4% si l'on tient compte des chiffres du second trimestre 2018. Par ailleurs, l'impact de la réforme fiscale devrait atteindre son sommet au dernier trimestre 2018. Le pic lié à cette réforme est donc encore devant nous...

boursier.com : Aucune récession ne semble donc en vue...

M.G. : Les inscriptions hebdomadaires au chômage se situent sur un point bas depuis 1970 tandis que l'indice ISM manufacturier évolue sur un plus haut depuis 2004. A ce stade, il n'y a pas de signe cohérent d'une récession de l'économie américaine avant fin 2019.

Boursier.com : Quels risques voyez-vous ?

M.G. : Nous en voyons trois principaux avec l'Italie, la guerre commerciale et les pays émergents. Dans la péninsule italienne, les développements politiques des dernières semaines ont un peu pesé sur la confiance des agents économiques mais pas au point de causer une contraction de l'activité économique. En revanche, dans la mesure où l'actuel gouvernement Italien n'avance plus sur le chantier des réformes structurelles, la bienveillance de la Commission Européenne à l'égard du pays pourrait ne plus être de mise... Les traités européens ne se résument pas au seul respect d'un déficit de 3%.

Boursier.com : La guerre économique est-elle alarmante ?

M.G. : Aucun accord ne semble en vue entre la Chine et les Etats-Unis. Donald Trump menace même d'augmenter les droits de douane sur l'ensemble des importations chinoises. Les estimations du FMI montrent un impact relativement limité de ces mesures en tant que telles mais la prise en compte d'effets liés à la confiance entraîne un effet plus fort...

Boursier.com : Qu'en est-il de la situation des pays émergents ?

M.G. : Les tensions sur les devises se sont accentuées durant l'été, notamment sur la livre turque et le peso argentin. On note tout de même une certaine discrimination des investisseurs sur la base des fondamentaux de chaque pays. La Turquie et l'Argentine présentent en effet un solde budgétaire et un solde courant négatifs...

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