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Matt Orton, Portfolio Specialist Emerging Markets & Large Cap Growth chez ClariVest AM - groupe Raymond James

Matt Orton Portfolio Specialist Emerging Markets & Large Cap Growth chez ClariVest AM - groupe Raymond James

Les marchés actions américains peuvent continuer à progresser!
Matt Orton, Portfolio Specialist Emerging Markets & Large Cap Growth chez ClariVest AM - groupe Raymond James

Boursier.Com : Quelle est aujourd'hui votre stratégie sur les marchés actions américains ?

M.O. : Dans le cadre des expertises Actions proposées par le groupe Raymond James, la stratégie actions US de ClariVest propose une approche spécifique d'investissement, basée sur la finance Comportementale : son principal objectif est d'exploiter le potentiel de performance créé lorsque les investisseurs réagissent de manière inefficace aux changements majeurs dans le cycle de croissance d'une entreprise. L'ampleur de la reprise enregistrée cette année sur les marchés boursiers américains a été surprenante, mais cela ne change en rien notre objectif d'investir dans les cas de croissance "sous-appréciée". Nous nous concentrons toujours sur la gestion du risque au sein de nos portefeuilles, ce qui est devenu plus important à mesure que le marché évolue entre les modes " risk on / risk off ", en fonction des forces macroéconomiques. Cela dit, les investisseurs doivent surveiller attentivement si les tensions commerciales commencent à nuire à la confiance générale des consommateurs et des entreprises, de manière à diminuer sensiblement la consommation et les investissements.

Boursier.com : Une poursuite de la hausse des marchés US est-elle tenable à vos yeux ?

M.O. : A mon avis qui n'est pas nécessairement celui de ClariVest, les marchés actions américains peuvent continuer à progresser, surtout si les tensions commerciales n'ont pas d'effet négatif prolongé sur la confiance des consommateurs ou des entreprises. Les valorisations ont certes augmenté pendant ce rebond, mais le marché a connu une contraction importante l'année dernière et les anticipations de ratio P/E ne sont que légèrement supérieures aux moyennes à long terme. La croissance des bénéfices reste également positive, un moteur essentiel des marchés. Le taux de chômage bas et la forte confiance des consommateurs devraient également stimuler la consommation et les investissements. L'environnement de taux d'intérêt bas et les perspectives de réduction des taux d'intérêt par la FED sont également favorables aux marchés des actions. D'ailleurs, les marchés sont loin d'être euphoriques - l'aggravation du conflit commercial sino-américain, les tensions accrues avec l'Iran et la crainte d'une récession économique poussent de nombreux acteurs du marché à réduire les risques ou à rester sur la touche - ainsi que la possibilité que les pessimistes jettent l'éponge à travers une " capitulation " du sentiment baissier, pourraient également soutenir la progression des marchés.

Boursier.com Quelles sont vos convictions principales en termes sectoriels ?

M.O. : Les titres du secteur Technologies de l'information sont l'un des moteurs essentiels des marchés sur les 18 derniers mois et nous continuons d'apprécier les tendances de croissance séculaire observées dans de nombreux sous-secteurs IT. L'IT est un secteur très diversifié et les entreprises ont tendance à évoluer davantage en fonction de facteurs idiosyncratiques. Bien que les évaluations soient devenues chères dans une grande partie du secteur, le marché continuera probablement à favoriser les titres offrant une visibilité plus importante de leur croissance, dans cet environnement à taux bas. L'Immobilier est un autre domaine qui devrait continuer à surperformer dans cet environnement de taux bas durables. Par ailleurs, la sous-performance du secteur de la Santé depuis le début de l'année a été surprenante: le bruit politique grandissant précédant une année d'élections présidentielles a pesé sur les entreprises, sur lesquelles un président démocrate pourrait avoir un impact négatif. Cependant, les bénéfices de bon nombre de ces sociétés ont continué de surprendre à la hausse et les mouvements récents du marché créent des opportunités intéressantes.

Boursier.com : Expliquez-nous ce qu'est la stratégie obligataire " non contrainte " et son intérêt dans la période actuelle ?

M.O. : Proposée dans le cadre de la SICAV Raymond James Funds, la stratégie Reams Unconstrained Fixed Income a été lancée en août 1998 ; c'est une stratégie sans levier qui vise à optimiser le couple risque/rendement en investissant de manière tactique et non contrainte dans tous les secteurs du marché obligataire. Plutôt que de s'appuyer sur les prévisions économiques et essayer de prédire les mouvements de marché, une forte réactivité aux opportunités Relative Value permet à l'équipe de gestion de tirer parti de la volatilité. Outre la rotation sectorielle top-down, les sources de création de valeur de l'équipe d'investissement reposent sur la gestion de la duration du portefeuille, du positionnement sur la courbe de rendement, de la sélection bottom-up des valeurs et de l'exposition à des parties " niche " du marché obligataire, souvent négligés par d'autres gérants. Ce type d'approche flexible et opportuniste, qui n'est pas liée à une référence indicielle traditionnelle (pas de benchmark), convient bien dans l'environnement actuel. Les investisseurs en titres obligataires sont confrontés à des rendements souverains extrêmement bas, à des spreads de crédit étroits et à des faibles rendements attendus, à moins d'accepter d'investir sur des titres de moindre qualité ou dans les actifs non liquides. Les valorisations des marchés obligataires ont été altérées par plus de 10 ans de relance monétaire sans précédent et, à notre avis, les investisseurs en titres obligataire ne sont pas suffisamment rémunérés actuellement pour supporter les risques de crédit, de taux d'intérêt ou liés à la maturité.
Par ailleurs, nous pensons que nous sommes sortis d'une période de faible volatilité artificielle et que les marchés du crédit montrent des signes évidents de comportement en fin de cycle. Compte tenu des attentes d'une volatilité accrue, nous pensons que les investisseurs sur le marché obligataire devraient: 1) éviter les stratégies short volatilité ; 2) s'éloigner des indices de référence traditionnels; 3) cibler des stratégies qui reposent sur les compétences du gestionnaire et non sur l'exposition au marché (béta); 4) mettre l'accent sur une approche " Total return " et non seulement sur le revenu; 5) privilégier la dette senior dans la structure de capital et 6) Maintenir une allocation assez importante en liquidités.

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