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Martial Descoutures, Analyste Biotech chez Invest Securities

Martial Descoutures Analyste Biotech chez Invest Securities

Nos biotechs favorites...
Martial Descoutures, Analyste Biotech chez Invest Securities

Boursier.com : Le reflux actuel des biotechs en bourse témoigne d'une forte volatilité de ce compartiment de la cote...

M.D. : On peut dire que c'est l'ensemble des valeurs moyennes qui connaît une volatilité plus élevée que les grandes valeurs dans les périodes agitées... Dans ces moments, les gérants généralistes qui souhaitaient ponctuellement profiter de la phase haussière des biotechs sont les premiers à sortir afin de récupérer du cash et recentrer leur portefeuille sur des valeurs moins volatiles.

Boursier.com : Les biotechs européennes sont-elles décotées sur leurs homologues américaines ?

M.D. : De manière très factuelle, on peut effectivement considérer que ce secteur est moins valorisé en Europe qu'aux Etats-Unis... En 2015, l'indice européen des biotechs a progressé de 41% alors que l'indice NASDAQ Biotechnology s'est apprécié de seulement 24%. Le rattrapage progressif des valeurs européennes devrait se poursuivre à l'avenir... Rappelons tout de même que chaque valeur a sa propre histoire...

Boursier.com : Quelles méthodes de valorisation peut-on appliquer à une biotech ?

M.D. : Les méthodes de valorisation sont susceptibles de varier d'une société à l'autre... Si une biotech dispose de plusieurs développements thérapeutiques, on évalue chaque actif à sa juste valeur. De manière générale, on construit des hypothèses à partir des partenariats potentiels et des paiements d'étape possibles. Il s'agit aussi d'estimer la taille du marché et le taux de pénétration envisageable, d'étudier la valorisation des concurrents...

Boursier.com : Avez-vous une idée des taux de réussite dans cet univers des biotechs ?

M.D. : La phase d'étude d'un nouveau médicament dure de 10 à 12 ans, alors que sa durée de commercialisation se situe autour de 8 à 10 ans. La phase III est par définition plus longue que les phases I ou II. La probabilité de succès augmente logiquement au fil des phases successives... En moyenne, 32% des phases II sont favorables et permettent de passer en phase III. Le taux de réussite de la phase III se situe quant à lui à 60%... Mais on doit convenir que le taux de réussite diffère sensiblement d'une aire thérapeutique à une autre. Pour exemple il est plus élevé dans le diabète ou le respiratoire, tandis qu'il est plus réduit dans la maladie de Parkinson ou dans le traitement d'Alzheimer.

Boursier.com : Quel type de biotech doit-on acheter selon vous ?

M.D. : La valorisation peut être très faible pour une biotech dont le programme de recherche est encore peu avancé... Le potentiel d'appréciation peut s'avérer significatif dès lors que des nouvelles favorables sont annoncées, mais le risque est élevé... Afin de réduire ce risque, on peut limiter son intérêt aux biotechs qui ont déjà signé un partenariat et qui disposent d'un portefeuille diversifié.

Boursier.com : Quelles sont vos biotechs et medtechs favorites ?

M.D. : Nous apprécions tout particulièrement quatre biotechs qui ont des annonces importantes à fournir sur les prochains mois. Innate Pharma devrait notamment dévoiler les résultats du Lirilumab en monothérapie courant premier semestre 2016... Sur le second trimestre 2016, Celyad va annoncer les résultats très attendus d'une phase III en insuffisance cardiaque. Si l'issue est favorable, on pourrait avoir un enregistrement de ce produit en fin 2016. En oncologie, Celyad devrait faire état des résultats d'une phase I sur les prochains mois... Quantum pourrait dévoiler bientôt un partenariat dans la santé animale, de même que ses résultats de phase IIa dans la tension artérielle attendus mi-2016. Enfin, Valneva est également attendu au tournant en termes de développements cliniques sur les prochains mois. Sur un autre plan, la société devrait atteindre le point mort sur le second semestre 2016...

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