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Marc Riez, Directeur Général de VEGA IM

Marc Riez Directeur Général de VEGA IM

Le CAC40 pourrait rejoindre, en fin d'année, ses plus hauts annuels autour de 5.650 points
Marc Riez, Directeur Général de VEGA IM

Boursier.com : Que retenez-vous de la séquence estivale en Bourse ?

M.R. : Les bons résultats des entreprises américaines ont créé une musique de fond positive sur les marchés. L'effet de la baisse des impôts par Donald Trump va demeurer un facteur de soutien jusqu'en fin d'année. Le point noir : les taux américains remontent avec pour conséquence la mise à mal des économies émergentes qui se sont appuyées sur l'argent gratuit pour se développer. La fin du Dollar pas cher est révolue... Donald Trump critique la politique de la Fed pénalisant la croissance, ce faisant, il aimerait faire baisser le Dollar ce qui aurait pour effet de neutraliser les hausses de tarifs douaniers...

Boursier.com : L'attitude critique de Trump vis-à-vis de la Fed est-elle tenable ?

M.R. : C'est une situation assez compliquée à gérer pour Jerome Powell. Il est sous le feu de son Président mais les marchés attendent qu'il confirme la remontée graduelle des taux, avec deux tours de vis cette année et trois l'année prochaine. Prochainement à Jackson Hole, il devrait se contenter d'évoquer la macroéconomie et peu les détails de sa politique monétaire.

Boursier.com : Les contours non connus du Brexit, le vote du futur budget en Italie : la politique cristallise toujours autant d'incertitudes... Ces éléments constituent-ils de vrais risques ou les marchés jouent-ils à se faire peur ?

M.R. : Les marchés aiment se faire peur avec des conflits locaux pour constater finalement que ça ne remet pas en cause la dynamique de l'économie mondiale. La Turquie, l'Italie, le Brexit ne sont certes pas des sujets à négliger, mais aux yeux des investisseurs ils s'effacent derrière le conflit Chine / Etats-Unis, susceptible de beaucoup plus pénaliser la croissance mondiale. La psychologie des marchés s'est quelque peu retournée positivement la semaine dernière, avec le sentiment que les tensions commerciales entre Etats-Unis et Chine se dissipaient...

Boursier.com : Quel est votre scénario central pour la fin d'année boursière ?

M.R. : L'économie américaine demeure forte, de même que son homologue chinoise. Nous ne nous attendons pas à une correction des marchés actions, qui devraient toutefois rester heurtés jusqu'aux élections américaines de mi-mandats en novembre. Au-delà, le CAC40 pourrait rejoindre ses plus hauts du mois de mai autour de 5.650 points via un rallye de fin d'année. Les marchés doivent continuer d'être portés par la macro-économie qui demeure dynamique : le chômage baisse dans de nombreux pays, le pouvoir d'achat s'améliore et les entreprises délivrent toujours des résultats record.

Boursier.com : Les actions européennes sont-elles chères aujourd'hui ?

M.R. : Elles sont correctement valorisées. La décote par rapport aux valeurs américaines s'explique par la croissance largement supérieure des entreprises américaine. Cette surcote est parfaitement justifiée et n'est pas appelée à se résorber... Il ne faut pas compter sur des phénomènes de valorisation pour espérer que les actions européennes aillent plus haut. On ne doit pas les acheter parce qu'elles sont peu chères, mais en tablant sur la poursuite de la hausse des bénéfices par l'accroissement de leurs ventes au niveau mondial. Les belles valeurs se paient relativement cher, mais Les dossiers très " value " européens, ne sont pas excitants... Seul bémol, le secteur automobile très peu cher, avec des titres comme Porsche qui se paie 5 fois ses résultats ou Volkswagen 10 fois. Les nuages ont été nombreux sur le secteur, et le marché le lui a bien fait payer...

Boursier.com : Quels secteurs ont vos préférences ?

M.R. : Tous les secteurs de croissance restent porteurs : le luxe est cher, mais justifie sa surcote à chaque période de publications de résultats! L'agroalimentaire, les cosmétiques, les technologiques vont rester très entourés. Nous aimons Novartis qui délivre de beaux résultats. Nous regardons Porsche ou Renault, dont le titre est revenu à des niveaux intéressants.

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