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Marc Renaud, Président de Mandarine Gestion

Marc Renaud Président de Mandarine Gestion

Danone, Sanofi, Pernod Ricard, Total...
Marc Renaud, Président de Mandarine Gestion

Boursier.com : Que vous inspire la crise sanitaire actuelle ?

M.R. : La situation actuelle est totalement atypique, il est donc très compliqué d'établir des prévisions. La récession s'annonce néanmoins d'ampleur inédite... Heureusement, les systèmes sociaux et les réponses fortes apportées par les banques centrales permettent d'amortir le choc dans les pays développés. Après cette crise, quel va être le rythme de redémarrage de l'économie ? Le scénario le plus probable passe par un rebond en 2021 dès lors que l'épidémie aura été canalisée.

Boursier.com : L'excès de dette lié à cette crise est-il dangereux ?

M.R. : Le moment n'a jamais été aussi favorable pour effectuer une annulation d'une partie du stock de dettes. En effet, ce ne sont pas les épargnants ou les investisseurs institutionnels qui détiennent la plus grande part des dettes des Etats mais les banques centrales. Par le biais d'un jeu d'écriture, les banques centrales pourraient effacer une partie de leurs créances sur les Etats. En Europe, il reste néanmoins à convaincre l'Allemagne et les Pays-Bas de l'intérêt de cette opération... Une telle manoeuvre encourage en effet le manque de rigueur budgétaire et elle est également inflationniste. De plus, le risque existe d'une perte de confiance dans la monnaie... Mais, pour l'heure, les banques centrales conservent leur crédibilité.

Boursier.com : Quels arbitrages avez-vous réalisés ces dernières semaines ?

M.R. : Les retraits s'avèrent finalement modérés durant cette période difficile. Mandarine Valeur, le fonds que je gère, disposait de 5% à 6% de cash avant la crise. Dans la mesure où le poids des valeurs bancaires et pétrolières était déjà conséquents, leur pondération n'a pas été augmentée. En revanche, certains dossiers redevenus abordables ont intégré le fonds à l'image de Danone, Sanofi ou Pernod Ricard.

Boursier.com : Le secteur bancaire est-il fragile ?

M.R. : Le bilan des grandes banques européennes est aujourd'hui considérablement plus solide qu'en 2008. De plus, les Etats garantissent une part importante des crédits qui sont accordés en ce moment par les établissements financiers. Finalement, les risques pesant sur le secteur bancaire sont assez faibles et les valorisations sont très basses. Mais le coût du risque va progresser du fait de la crise et la capacité des banques à distribuer un dividende important est remis en cause. Enfin, la nouvelle baisse des taux d'intérêt est préjudiciable à la rentabilité du secteur.

Boursier.com : Quel est votre avis sur les pétrolières ?

M.R. : Je suis très à l'aise avec des majors offrant un bilan solide comme Total ou Royal Dutch. Les prix actuels de l'or noir ne sont pas soutenables à terme. Les cours du baril devraient remonter vers 40-50 Dollars pour avoir une sorte de prix d'équilibre satisfaisant pour les différentes parties... Par ailleurs, la plupart des valeurs pétrolières ne sont pas éligibles aux fonds ESG. Leur statut boursier leur vaut alors une décote structurelle. Dans ces conditions, de nombreuses majors sont tentées de mettre l'accent sur les énergies renouvelables pour bénéficier d'une bonne notation mais ce virage pèse sur leur rentabilité et sur leur capacité à distribuer un rendement élevé.

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