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Marc Renaud, Président de Mandarine Gestion

Marc Renaud Président de Mandarine Gestion

Investir sur les bons élèves bancaires que sont BNP Paribas, Santander ou Unicredit
Marc Renaud, Président de Mandarine Gestion

Boursier.com : Comment voyez-vous évoluer la conjoncture ?

M.R. : Nous sommes en haut de cycle tant d'un point de vue économique que boursier. Les Etats-Unis connaissent le plus long cycle d'expansion de leur histoire. Mais, compte tenu de l'activisme des banques centrales, la probabilité d'un krach lors des prochains mois apparaît très faible... Alors que les Etats-Unis sont quasiment en situation de plein emploi et que l'inflation est faible, Donald Trump fait pression sur la Fed pour qu'elle baisse les taux. Les Etats peuvent aujourd'hui s'endetter à un coût très faible voire négatif pour certains d'entre eux.

Boursier.com : La volatilité semble pourtant de retour sur les places financières...

M.R. : Les marchés sont devenus violents en réagissant très vite au moindre tweet de M. Trump. De plus, avec l'augmentation du poids de la gestion passive, les comportements moutonniers se généralisent... De nombreux investisseurs considèrent aujourd'hui que le risque est synonyme de volatilité. Ils préfèrent miser sur le private equity où les valorisations sont pourtant plus élevées que sur les places boursières. Cette surcote des actifs illiquides sur les actifs liquides n'est pas tenable sur la durée...

Boursier.com : La valorisation des dossiers dits value est-elle adéquate ?

M.R. : Alors que les taux sont historiquement bas, les valeurs de croissance se situent sur des niveaux très élevés. En revanche, la performance relative de la catégorie value se situe sur un plus bas historique depuis la bulle des valeurs technologiques en 1999.

Boursier.com : Quelle est votre opinion sur les valeurs bancaires ?

M.R. : Après les télécoms, il s'agit du secteur qui a le plus sous-performé au cours des dix dernières années. Le fonds Mandarine Valeur est surpondéré sur les valeurs bancaires. Certains éléments pèsent sur le secteur comme le bas niveau des taux ou le poids des investissements dans le digital. Mais la faiblesse des cours des établissements financiers en bonne santé est frappante. BNP Paribas se négocie ainsi sur la base de 60% de son ANR. La clé d'un investissement réussi dans le secteur financier consiste à investir sur les bons élèves que sont BNP Paribas, Santander ou Unicredit.

Boursier.com : Etes-vous actionnaire de valeurs télécoms ?

M.R. : Avec une bataille incessante sur les prix, ce secteur a beaucoup souffert. Nous sommes néanmoins actionnaires de Vodafone qui offre un rendement de 6%. De plus, le groupe britannique pourrait procéder à des cessions au sein de son portefeuille de filiales étrangères.

Boursier.com : Que pensez-vous d'ArcelorMittal ?

M.R. : Le titre ArcelorMittal a souffert ces dernières semaines des craintes liées au ralentissement économique mondial, de la faiblesse des immatriculations automobiles et de la hausse des prix du minerai de fer. Côté positif, la Chine a réduit ses capacités de production d'acier et l'Europe a mis en place des taxes à l'importation ce qui favorise les sidérurgistes européens. Même si le cycle économique est mou, ArcelorMittal est peu cher à 35% de sa valeur d'actif.

Boursier.com : Pouvez-vous citer les valeurs que vous avez acquises dernièrement ?

M.R. : En respectant ses critères d'investissement, le fonds Mandarine Valeur a investi sur le secteur de la santé avec Fresenius Medical Care. Bouygues a également été renforcé alors que le groupe présente une valorisation raisonnable.

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