Malik Haddouk, Directeur de la Gestion Diversifiée de CPR AM

Malik Haddouk Directeur de la Gestion Diversifiée de CPR AM

L'hypothèse que les négociateurs chinois claquent la porte n'est pas à prendre à la légère! C'est le gros risque!
Malik Haddouk, Directeur de la Gestion Diversifiée de CPR AM

Boursier.com : Les Marchés sont plus que jamais rivés aux négociations commerciales et en particulier évidemment à celles entre les Etats-Unis et la Chine. Faut-il s'inquiéter de l'absence persistante d'accord?

M.H. : L'hypothèse que les négociateurs chinois claquent la porte n'est pas à prendre à la légère! C'est le gros risque! Les officiels américains expliquent que les chinois ont fait marche arrière sur plusieurs points. Un tel scénario entraînerait une correction certaine des marchés, qui anticiperaient alors un ralentissement très prononcé du commerce international. On en a eu les prémices lors des décisions prises l'an passé sur les premier tarifs douaniers. Les économies les plus concernées par les exportations ont alors été les plus touchées.

Boursier.com : Quel crédit accordez-vous à un tel scénario ?

M.H. : C'est un scénario qu'il faut avoir à l'esprit et nous évaluons sa probabilité à 25%. Notre scénario central demeure celui d'une normalisation de la situation, sans accélération ni décélération sur le plan économique.

Boursier.com : Dans ce contexte, quelle attitude adoptez-vous sur les marchés?

M.H. : Nous sommes positionnés de manière défensive, compte tenu du parcours déjà effectué par les marchés d'actions et des incertitudes toujours présentes, le tout dans un contexte de ralentissement économique, même si les prévisions ont récemment été quelque peu révisées à la hausse aux Etats-Unis...

Boursier.com : Vous préférez les actions européennes depuis le début de l'année...

M.H. : Nous avons réduit notre exposition aux actions américaines pour revenir sur les européennes qui sont très décotées, dans l'espoir d'une amélioration de la macroéconomie européenne. Cela dépendra évidemment du fait qu'il n'y ait pas de nouvelles tensions commerciales. Etant donné la baisse du chômage et les taux d'intérêt toujours bas, on s'attend à ce que le pouvoir d'achat s'améliore en Europe et que la demande demeure soutenue. D'ailleurs, les derniers chiffres PMI se sont stabilisés et la croissance allemande est de nouveau positive au premier trimestre.

Boursier.com : Comment expliquer le recul des flux concomitant à la hausse des marchés depuis le début d'année?

M.H. : Les sorties de flux n'ont pas empêché les marchés de monter depuis le début d'année et cela s'explique essentiellement par les rachats de couverture de la part des investisseurs qui voulaient se protéger d'épisode de baisse. Il faut y ajouter, en début d'année, les rachats d'actions d'entreprises qui ont été très importants.

Boursier.com : La décote du Marché européen est récurrente...

M.H. : Le marché européen, parce qu'il n'a pas d'acteur technologique, est appelé à être décoté par rapport au marché américain. Mais cette décote a atteint des niveaux historiques et le fait est que l'écart s'explique, par le différentiel de croissance, et par l'effet fiscal de Trump qui a dopé les BPA des sociétés américaines. Ces effets-là doivent s'estomper désormais.

Boursier.com : Que penser du secteur bancaire européen ?

M.H. : Les valeurs bancaires demeurent pénalisées par les taux bas. Pour autant, le marché ne peut remonter qu'à travers ces valeurs qui sont fortement représentées dans les indices en Europe... Nous ne sommes pas encore revenus sur elles!

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