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Malik Haddouk, Directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM

Malik Haddouk Directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM

La probabilité d'un "Grexit " autour de 40%...
Malik Haddouk, Directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM

Boursier.com : Quels scénarios privilégiez-vous quant à l'évolution des marchés actions pour la fin d'année ?

M.H. : A horizon fin 2015, notre scénario central consiste à penser que le rebond de la croissance mondiale bénéficiera de l'amélioration en zone Euro et au Japon... Dans ce scénario, les politiques de reflation des banques centrales donnent enfin les résultats escomptés et les perspectives s'améliorent, ce qui est positif pour les bénéfices des sociétés... Toujours selon ce scénario principal, l'Euro s'échange autour de 1,05$ et nous anticipons une hausse des taux aux Etats-Unis à 0,75%. Deux scénarios alternatifs existent toutefois et ne sont pas négligeables : une sortie mal négociée de la Fed, avec une politique monétaire plus agressive qu'anticipée, provoquant des tensions sur les marchés et celui d'une exacerbation des tensions en Europe autour du cas grec... Fin mai, nous estimions à 25% la probabilité d'un "Grexit". Aujourd'hui, nous sommes au-delà de cette estimation, peut-être autour de 40%... même si cela n'est pas notre scénario central...

Boursier.com : Avec quelle conséquence sur votre exposition aux actions ?

M.H. : La remontée du risque grec et de l'hypothèse d'un défaut de paiement nous conduit inévitablement à tempérer notre exposition sur les marchés actions de la zone Euro qui serait logiquement touchées par un tel scénario... Nous avons réduit notre exposition aux actions zone Euro à 15%, contre 20% au 31/12/2014. La valorisation élevée de la plupart des indices actions au regard de leur niveau historique nous incite donc à la prudence...

Boursier.com : Et hors zone Euro ?

M.H. : Nous maintenons une légère 'surpondération' sur les actions, mais en favorisant les actions japonaises dans un premier temps. Le marché américain ne nous paraît pas attrayant... La progression des marchés ne pourra continuer sans une meilleure progression des bénéfices anticipés... Nous pensons que la progression des indices actions au cours de la seconde partie de l'année sera inférieure à celle que l'on a connue au cours de la première moitié de l'année, dans un marché plus volatil.

Boursier.com : Pourquoi privilégier les actions japonaises ?

M.H. : Le marché japonais présente toujours une décote significative par rapport aux autres marchés et les marges des entreprises nippones sont en accélération... Il constitue à l'heure actuelle, un de nos gros paris de gestion. La santé financière retrouvée des sociétés japonaises va leur permettre d'accroître les dividendes versés et soutenir le cours de leurs actions par un programme important de rachats d'actions. La réallocation des portefeuilles au Japon est enclenchée avec des conséquences à venir non négligeables...

Boursier.com : Quel secteur a vos préférences ?

M.H. : Au niveau sectoriel, nous privilégions le compartiment bancaire en Europe qui présente une valorisation relative avantageuse par rapport au marché dans son ensemble... Par ailleurs, le système bancaire européen apparaît plus robuste et a retrouvé une certaine stabilité. Les restructurations ont en grande partie été menées. Le marché commence à valider l'idée d'un secteur en meilleure santé financière comme en témoigne la baisse de la volatilité sur le secteur... Attention toutefois, les bancaires sont évidemment dépendantes de la résolution de la crise grecque...

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