Lydia Haueter, co-gérante du fonds Pictet Biotech

Lydia Haueter co-gérante du fonds Pictet Biotech

10% des développements initiés par les biotechs débouchent sur une molécule autorisée...
Lydia Haueter, co-gérante du fonds Pictet Biotech

Boursier.com : Pourquoi le secteur des biotechs est-il attractif ?

L.H. : L'innovation biomédicale s'accélère. L'industrie se développe rapidement grâce aux nouvelles technologies comme le CRISPR, véritable " ciseaux " capables de corriger l'ADN, l'automatisation de la recherche, le séquençage du génome, l'exploitation massive de données. Il reste encore de très nombreuses pathologies que les biotechs peuvent soigner : maladies cardiaques, dégénérescence du système nerveux, oncologie, maladie infectieuses et orphelines. L'environnement réglementaire est également favorable avec un nombre record de nouvelles molécules autorisées par les administrations.

Boursier.com : Pouvez-vous rappeler le taux d'échec d'une molécule en développement lors des différentes phases ?

L.H. : Entre les phases 1, 2 et 3 le taux de succès évolue entre 30 % et 60 %. Le taux d'échec étant maximum en phase 2, c'est là qu'est testée l'efficacité du traitement sur les humains. C'est à ce stade que la société de Biotechnologies fait le choix de continuer ou d'arrêter le développement
Ensuite la probabilité d'approbation par l'administration, la FDA américaine principalement, est de plus de 80 %, si on prend en compte les soumissions répétées de la même molécule.
Au final, 10 % des développements initiés débouchent sur une molécule autorisée.

Boursier.com : En cas de fermeture du robinet du crédit, de nombreuses biotechs risquent-elles de disparaître ?

L.H. : Oui, c'est un risque avéré. Actuellement le marché est très sensible à l'éventuelle dégradation des conditions de financement. C'est pour cette raison que nous nous focalisons sur les sociétés bien capitalisées, solides financièrement et avec de bonnes perspectives de profitabilité.

Boursier.com : Comment sélectionnez-vous les biotechs en portefeuille ?

L.H. : Nous recherchons les sociétés les plus innovantes avec une forte valeur ajoutée à la fois pour le patient, le système de santé et l'investisseur. Ce qui veut dire que la société doit traiter un vrai besoin médical, avec des résultats tangibles, une certaine exclusivité, tout en restant accessible à l'ensemble des patients concernés. Nous évaluons la société en prenant en compte l'intégralité du cycle de vie de tout son pipeline de molécules.

Boursier.com : Quelles sont les principales lignes du fonds ?

L.H. : Vertex : leader dans le traitement de la mucoviscidose. Son traitement est efficace non seulement sur les symptômes mais concrètement sur la pathologie elle-même. Neurocrine : l'Ingrezza, traitement contre la dyskenie tardive induite par les médicament neuroleptiques , progresse rapidement et adresse une population nettement plus large que celle estimée par le marché. Genmab : le Darzalex, molécule distribuée par Johnson et Johnson pourrait atteindre 10 milliards de dollars de ventes. La société reçoit pratiquement 20% de royalties sur ce produit. De surcroît, le pipeline de nouvelles molécules est très prometteur.

©2019,

Partenaires de Boursier.com