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Laurent Ducoin, Responsable de la Gestion Actions Européennes chez Amundi

Laurent Ducoin Responsable de la Gestion Actions Européennes chez Amundi

Les valeurs bancaires se négocient sur des niveaux de crise financière, plus bas que des niveaux de récession...
Laurent Ducoin, Responsable de la Gestion Actions Européennes chez Amundi

Boursier.com : La fin du 'trou d'air' du début d'année sur les marchés d'actions signe-t-elle aussi la fin, selon vous, d'un affolement exagéré ?

L.D. : Le début d'année a matérialisé un excès de pessimisme des marchés et trop d'optimisme dans le consensus concernant le niveau de la croissance mondiale... Les marchés sont revenus à la raison. La correction du MSCI Monde en début d'année a effacé plus d'un an de performance. Les -10% affichés par cet indice avait seulement été atteint durant les phases de récession aux Etats-Unis, 1987 mis à part... Selon notre point de vue, la liquidité abondante, le pétrole toujours peu cher, les taux d'intérêt bas, les rendements importants, constituent toujours un environnement favorable aux actions et notamment en zone Euro, la région où les chiffres macroéconomiques demeurent bons, au sein d'une économique mondiale qui affiche une croissance à un rythme satisfaisant. Pour nous, la zone Euro a plus de potentiel que les Etats-Unis en termes de croissance des profits, malgré la récente stabilisation de l'Euro et affiche toujours des niveaux de valorisation plus faibles que ceux des Etats-Unis.

Boursier.com : La décision de la BCE la semaine dernière avec des taux négatifs est-elle sa dernière cartouche ?

L.D. : Il est évident que la BCE a annoncé beaucoup de mesures et il lui est de facto plus difficile de surprendre positivement le Marché... Selon nous, la poursuite de la baisse des taux alimente davantage les craintes de déflation qu'elle ne les combat... En envoyant les taux d'intérêt courts et longs en territoire négatif, la BCE envoie des messages négatifs aux marchés financiers. Une baisse des taux excessive crée des valorisations anormales. Clairement ,la BCE a commencé à décevoir. De son côté, la Fed reste sans marge de manoeuvre, ou n'arrive plus à la reconstituer...

Boursier.com : Dans ce contexte, êtes-vous plutôt "Growth " ou "Value" pour la suite de 2016?

L.D. : On observe une forte divergence entre les valeurs de croissance qui surperforment les titres "Value". Généralement, un retracement suit cette surperformance, avant un dernier rebond en faveur des valeurs de croissance... Aujourd'hui, suite à une longue période de surperformance les segments "growth" sont les plus chers et les écarts sont importants avec les valeurs "Value". Nous observons un retour en force de ces dernières, avec une préférence pour les dossiers présents dans les secteurs de l'énergie des matériaux, ainsi que les valeurs bancaires. Ainsi depuis le début de l'année sur l'Eurostoxx 600 les deux seuls secteurs en hausse sont celui de l'énergie et celui des matériaux...

Boursier.com : Vous avez renforcé votre exposition aux valeurs bancaires. Pourquoi ?

L.D. : Les valeurs bancaires se négocient sur des niveaux de crise financière et donc plus bas que des niveaux de récession... Personne ne dit aujourd'hui que la croissance mondiale ou celle de la zone Euro va entrer en récession ! Et les banques n'ont aucun problème de financement, contrairement à l'épisode précédent de crise de 2008-2009.... Les cours des valeurs bancaires sont très corrélés au prix du pétrole. Or, si le cours du pétrole s'est stabilisé, les valeurs bancaires ont continué à chuter !

Boursier.com : Justement, quid de leur exposition au pétrole... ?

L.D. : Leur exposition au secteur pétrolier, qui a suscité des craintes, est assez bien identifiée, et elle n'a absolument rien à voir avec les 'subprimes', à l'époque disséminés par titrisation... Par ailleurs, le secteur de l'énergie s'est largement financé sur le marché obligataire ces dernières années et l'exposition repose moins sur les épaules des banques que sur celles des investisseurs. En outre, les révisions des attentes sur les profits des valeurs bancaires ont été trop sévères selon nous et nous identifions plusieurs moteurs de croissance des profits dans le secteur, comme le contrôle des coûts ou la croissance des prêts...

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