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John Plassard, Spécialiste en investissement de Mirabaud

John Plassard Spécialiste en investissement de Mirabaud

Je ne parie pas sur un retour sur les points bas de mi-mars!
John Plassard, Spécialiste en investissement de Mirabaud

Boursier.com : Quelle analyse faites-vous du reflux des marchés enregistré depuis vendredi (hors séance du jour...) après le fort rebond engagé depuis la mi-mars?

J.P. : La consolidation des récentes séances s'apparente surtout à des prises de bénéfices après la rapidité incroyable du rebond. On peut la mettre sur le compte d'une prise de conscience des investisseurs que les marchés ont rebondi trop rapidement. Pas trop haut, mais trop vite trop haut ! Aujourd'hui, sauf nouvelle dégradation soudaine de la situation sanitaire, je ne parie pas sur un retour sur les points bas de mi-mars!

Boursier.com : Les marchés ont donc trouvé un certain équilibre selon vous?

J.P. : Outre les mouvements puissants des banques centrales et des gouvernements que tout le monde a largement commenté, on constate, à partir de la mi-mars, que le consensus de prévisions des bénéfices s'est finalement adapté à la situation. D'abord dans le flou et dans l'incapacité à abaisser ses estimations, le consensus a trouvé un positionnement, réalisant que l'économie ne reviendrait pas à la normale, mais plutôt à 50, 60, 70% selon les secteurs économiques. Enfin, les anticipations des investisseurs sur la santé de l'économie, qu'on estime en règle générale à 6 mois, se situent désormais à 12 ou 18 mois...

Boursier.com : Le schéma de marché d'avant crise est resté le même durant la baisse puis le rebond, à savoir que les valeurs de croissance se sont mieux comportées que les valeurs décotées. Ce schéma perdurera t-il tant que les taux d'intérêt seront bas?

J.P. : Tout à fait. Il suffit de regarder l'évolution du rendement du "10 ans" américain pour imaginer celle des valeurs "cycliques"... Si les statistiques macroéconomiques, notamment celles liées à la confiance, rebondissent, potentiellement cela pourrait avoir des conséquences sur les rendements des obligations d'Etat américain. Même chose en Europe. Globalement, les sociétés de qualité, notamment technologiques ont continué à dégager de la croissance et ont logiquement conforté leur statut de valeurs de qualité. Autres sociétés de qualité favorisées, celles affichant un bilan sain et dégageant des marges confortables. A l'image d'Hermès qui a touché un plus haut historique en Bourse la semaine dernière.

Boursier.com : Le début de rotation en faveur des valeurs cycliques et "value" qu'on a pu observer est-il le signe d'un renversement de tendance?

J.P. : Ce mouvement s'est effectué avec beaucoup de volatilité. Les titres "value" comme la banque, l'automobile, l'aérien qui ont explosé à la hausse en avril, ont rapidement rechuté... La thématique cyclique, "value" est certes dynamisée par le retour à la normale des économies, mais ce retour sera progressif et promis à de nombreux a-coups car la volatilité est à chaque fois plus élevée sur ces titres là.

Boursier.com : Qu'attendre de la période de publications des résultats semestriels qui arrive? Faut-il la redouter tant les investisseurs sont dans le flou?

J.P. : Tout le monde sait que les entreprises ont été dans le dur lors du deuxième trimestre. Les 'guidances' ont été abandonnées et les anticipations du Marché sont tellement basses qu'on peut imaginer de bonnes surprises en cas de résultats et prévisions finalement moins pires qu'attendu...

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