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Jean-Louis Mourier, Economiste chez Aurel BGC

Jean-Louis Mourier Economiste chez Aurel BGC

Le principal risque pèse sur Wall-Street
Jean-Louis Mourier, Economiste chez Aurel BGC

Boursier.com : Quelle est la situation de la zone Euro ?

J-L.M. : On note une révision à la hausse des projections de croissance avec un risque inflationniste faible. On se trouve au début du cycle d'amélioration des marges des entreprises et de révision à la hausse des prévisions de bénéfices par action. A retenir aussi le recul du risque politique avec la perte d'influence des partis anti-euro. D'un point de vue monétaire, la promesse de statu quo de la BCE jusqu'à la fin de l'année devrait entretenir un climat de confiance de même que l'inquiétude exprimée par la banque centrale sur les conséquences d'un rebond trop rapide des taux longs sur le risque souverain en Europe. La BCE devrait tout faire pour maintenir durablement les taux d'intérêt bas dans la zone Euro.

Boursier.com : Vous pointez tout de même le risque lié au niveau élevé de Wall Street...

J-L.M. : On observe actuellement un paradoxe sur les marchés actions. Le PER à 12 mois recule en zone euro alors que les prévisions de bénéfices par action à 12 mois augmentent. A l'inverse, le PER du S&P 500 augmente tandis que les prévisions de bénéfices par action sont orientées à la baisse aux Etats-Unis. Plusieurs indicateurs semblent indiquer que la croissance américaine est arrivée à son terme et que l'activité pourrait encore ralentir lors des prochains mois. Les entreprises américaines sont clairement dans une phase de retournement de leur cycle de profit ce qui explique probablement la faiblesse des investissements productifs hors secteur pétrolier.

Boursier.com : Comment voyez-vous évoluer Wall Street au cours des prochains mois ?

J-L.M. : Aux Etats-Unis, le cycle des profits est plus avancé qu'en Europe et les entreprises commencent à subir des pressions sur leurs marges, alors que leur valorisation est élevée. Certes, il est difficile de conclure à un risque de bulle, notamment sur le secteur technologique dont de nombreuses valeurs ne connaissent pas des valorisations stratosphériques. Le scénario le plus probable est peut être un marché en manque de souffle, mais un risque de trou d'air cet été ne peut être totalement repoussé.

Boursier.com : Que recommandez-vous en matière d'allocation ?

J-L.M. : Le principal risque reste sur Wall-Street et l'économie américaine. Le tassement de la croissance chinoise est aussi à prendre en compte dans des secteurs comme le luxe qui ont largement profité du rebond de la croissance asiatique. En revanche, les risques sur les places financières européennes restent faibles. Les taux longs, notamment américains, pourraient légèrement se tendre prochainement mais le mouvement restera limité à horizon des prochains mois.

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