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Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC

Jean-Louis Mourier économiste chez Aurel BGC

On doit se méfier des titres qui ont tendance à amplifier les mouvements du marché
Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC

Boursier.com : Existe-t-il une bulle sur les obligations selon-vous ?

J-L.M. : Il est admis que les interventions des banques centrales, à savoir les QE, ont pour but de maintenir les taux d'intérêt en deçà de leur niveau d'équilibre... Or, la FED commence à réduire la taille de son bilan. Si, au niveau mondial, les liquidités injectées par les banques centrales sur les marchés obligataires restent abondantes, ce n'est plus le cas aux Etats-Unis, au moment où le déficit budgétaire américain devrait augmenter considérablement. De plus, les perspectives de normalisation, même progressives, des politiques monétaires européenne ou japonaise indiquent que le soutien apporté aux marchés obligataires est sur le point de diminuer...

Boursier.com : Les marchés actions risquent-il de baisser sensiblement dans ces conditions ?

J-L.M. : Le changement de paradigme au sujet des politiques menées par les banques centrales n'a pas laissé les indices actions de marbre... Face à la perspective de remontée des rendements obligataires et de normalisation plus rapide qu'envisagé jusque-là de la politique de la FED, Wall Street a déjà subi début février une violente correction accompagnée d'un fort regain de volatilité. La tendance à la remontée des taux d'intérêt implique un "repricing" des marchés actions... Wall-Street apparaît comme étant le plus sensible à ce mouvement. Toutefois, l'impact de la réforme fiscale sur les profits des entreprises américains constitue à l'inverse un facteur de soutien.

Boursier.com : Quelles sont vos préconisations en matière d'allocation d'actifs ?

J-L.M. : Le retour de la volatilité et la perception d'un risque inflationniste plus important ont un impact direct sur l'allocation d'actifs. Une sur-réaction des marchés est toujours possible si l'aversion au risque des investisseurs reste élevée... On devrait assister à une réduction de l'effet de levier sur les actifs les plus risqués, ce qui pourrait sensiblement pénaliser certains segments boursiers. Les investisseurs doivent désormais adopter des stratégies qui minimisent le risque et l'exposition aux variations des taux de change sur les prochains mois.

Boursier.com : Du côté des actions quelles sont les valeurs à privilégier ?

J-L.M. : On doit se méfier des titres qui ont tendance à amplifier les mouvements du marché pris dans son ensemble. Certaines valeurs de croissance ou très sensibles aux fluctuations du taux de change Euro/ Dollar doivent être délaissées. En revanche, les dossiers dits "value" devraient surperformer les valeurs de croissance...

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