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Jean-Jacques Friedman, Directeur des investissements chez Natixis Wealth Management

Jean-Jacques Friedman Directeur des investissements chez Natixis Wealth Management

Le scénario boursier de 2020 dépendra d'éléments de focalisation différents de ceux de 2019
Jean-Jacques Friedman, Directeur des investissements chez Natixis Wealth Management

Boursier.com : Quels sont les paramètres qui selon vous vont dominer les marchés en 2020 ?

J-J.F. : Nous pensons que le scénario boursier de 2020 dépendra d'éléments de focalisation différents de ceux de 2019. L'an passé, la géopolitique et les indicateurs macroéconomiques ont dominé, à travers la guerre commerciale, le Brexit et les craintes de marchés à propos de la récession. On se souvient de l'épisode de l'inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis. Cette année, les indicateurs macroéconomiques et les questions d'ordre géopolitique ne devraient plus être au coeur des préoccupations des investisseurs.

Boursier.com : Pourquoi la microéconomie et les flux s'annoncent-ils au contraire cruciaux ?

J-J.F. : On va enfin parler de valorisation ! La hausse de 2019 s'est réalisée avant tout par extension des multiples de valorisation, puisqu'au final la progression des bénéfices s'avère nulle. La microéconomie et les publications de résultats et perspectives seront donc cruciales en 2020. En outre, la hausse de l'an passé s'est aussi réalisée sans volume ! Le retour ou non des flux et leur réallocation sur les actions sera un élément déterminant en 2020.

Boursier.com : Le risque ne vient-il justement pas des anticipations qui semblent à nouveau trop élevées concernant les progressions de bénéfices 2020 ?

J-J.F. : Les progressions de bénéfices par actions des analystes en début d'année paraissent de nouveau trop élevées. Certes ,des éléments plaident pour une progression comme la reprise de l'investissement ou de bonnes statistiques de consommation espérées au cours des prochains mois, en liaison avec la hausse de l'épargne. Et une croissance de la zone euro proche de 2% permettrait de réconcilier les perspectives des analystes financiers avec la réalité comptable, cependant, les marges des entreprises ont déjà bénéficié de beaucoup d'éléments favorables en 2019, comme les charges d'intérêt faibles...

Boursier.com : Quels éléments pourraient intervenir à nouveau en soutien des multiples de valorisation?

J-J.F. : Le différentiel de valorisation entre le coté et le non coté pourrait par exemple provoquer des rachats par des acteurs du Private Equity d'entreprises cotées mal valorisées ou oeuvrant sur des secteurs mal aimés comme le tabac. De plus, la stabilisation géopolitique en Europe pourrait entraîner des réallocations sur certains secteurs de la part d'investisseurs anglo-saxons.

Boursier.com : Une poursuite de la hausse des marchés actions est donc possible?

J-J.F. : Les marchés actions européens peuvent encore monter de 5%, correspondant à la progression des bénéfices que nous anticipons cette année, avant une première phase de stabilisation. Si les valorisations des actions ne sont plus bon marché, l'environnement de taux est inédit et les investisseurs parviennent à justifier ces valorisations en relatif avec les autres classes d'actifs. De plus, les actions européennes sont sous-détenues et les expositions dans les portefeuilles ne reflètent pas l'amélioration des perspectives économiques de la zone Euro.

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