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Jean-Jacques Friedman, CIO chez Natixis Wealth Management

Jean-Jacques Friedman CIO chez Natixis Wealth Management

Le marché actions terminera 2018 au-dessus de son niveau de début d'année !
Jean-Jacques Friedman, CIO chez Natixis Wealth Management

Boursier.com : Demeurez-vous confiant quant l'évolution des marchés, alors que les risques semblent de plus en plus nombreux ?

J.J.F. : Les indicateurs avancés de l'économie en zone Euro, notamment la chute des nouvelles commandes sur trois mois, devraient se stabiliser et ne plus constituer de surprises négatives. L'inflation globale incluant les prix des matières premières, va continuer de progresser aux Etats-Unis, du fait d'un effet de base positif. Mais nous ne croyons pas au risque d'accélération de l'inflation. Dans les pays développés, la tension sur les prix énergétiques ne durera que quelques mois et la croissance économique apparait toujours solide et ne fait pas débat pour 2018. La progression des bénéfices des sociétés américaines n'est pas remise en question pour 2018. L'absence de panique lors de la baisse de février, au moment même où il y aurait pu avoir matière à paniquer, invalide le scénario de forte baisse forte pour le reste de 2018, les investisseurs gardant en tête qu'il n'y a pas eu de décrochage en février.

Boursier.com : Les marchés vous semblent-ils prendre la pleine mesure de la situation italienne ?

J.J.F. : Le marché a effectivement été plutôt conciliant suite aux élections il y a deux mois. Les spreads des obligations se sont réduit contre le bund jusqu'à il y a quelques semaines et la divulgation du contrat de gouvernement entre la Ligue et le M5S, comprenant, entre autres, un revenu citoyen de 780 euros et la fin du projet de réforme des retraites, soit des mesures dispendieuses ! La situation est dangereuse de par le poids de la dette italienne à 135% du PIB.

Boursier.com : Voyez-vous des actifs qui pourraient tirer leur épingle du jeu ?

J.J.F. : Nous pensons que l'or peut constituer un bon outil de diversification dans le contexte actuel. Comme toujours, l'aversion au risque doit lui profiter. Et l'anticipation d'une reprise de la tendance baissière du Dollar qui pourrait suivre les craintes italiennes lui serait aussi favorable. Enfin, on a toujours constaté une corrélation négative avec les taux réels américains. Quand les taux réels baissent, l'or monte et nous ne croyons pas une progression des taux américains nominaux après le mouvement de reprise de ces dernières semaines

Boursier.com : Au final voyez-vous les marchés progresser en 2018... ?

J.J.F. : Nous pensons que le marché actions terminera au-dessus de son niveau de début d'année. Les anticipations de progression de bénéfices par action sont crédibles pour 2018 et la valorisation du marché européen est devenue plus raisonnable après la correction de février. Les liquidités dans les portefeuilles sont restées sur des niveaux faibles. Il n'y a pas eu de ventes paniques. Psychologiquement, personne n'a cédé en février ! Alors que nous étions surpondérés stratégiquement depuis 2009 sur le marché actions en gérant une allocation tactique plus ou moins forte, nous sommes repassés à une exposition neutre fin 2017. Nous avons été surpondérés tactiquement en 2018 uniquement lors des publications de résultats.

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