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Guy Wagner, Chief Economist à la Banque de Luxembourg

Guy Wagner Chief Economist à la Banque de Luxembourg

Si on ne peut pas supporter la volatilité, il faut sortir du marché !
Guy Wagner, Chief Economist à la Banque de Luxembourg

Boursier.com : Les marchés actions sont chahutés depuis le 1er janvier... Quel est votre sentiment quant à l'orientation des indices en 2016 ?

G.W. : Nous nous attendons à une année 2016 difficile... La baisse depuis le début d'année est spectaculaire, notamment parce qu'elle a lieu sur cette période de début d'année. La très mauvaise année 2008 avait aussi débuté ainsi et des parallèles sont faits, ce qui provoque des sentiments négatifs. L'environnement n'est pas très bon, avec une croissance mondiale qui reste fragile...

Boursier.com : Faut-il saisir l'opportunité pour renforcer ses positions ?

G.W. : Si on ne peut pas supporter la volatilité il faut sortir du marché, si on peut la supporter on peut se positionner... Après 5 années de hausse, et une grande nervosité actuelle, il se peut que les marchés ne remontent pas rapidement, voire chutent davantage. Un investisseur qui a besoin de son argent dans les 3 ans ferait mieux de sortir... S'il a plus de latence et peut miser sur le long terme, il n'y a toujours pas d'autre alternative rémunératrice que les actions.

Boursier.com : La Chine inquiète toujours...

G.W. : Les craintes liées à la Chine sont exagérées... Le ralentissement de l'activité économique en Chine est indéniable, mais les derniers indicateurs publiés n'ont pas été particulièrement mauvais. Ils montrent que la transition vers une économie davantage basée sur la demande interne (et dans laquelle le poids des secteurs primaire et secondaire - agriculture et industrie - diminue au profit du secteur tertiaire, les services) est en bonne voie. Il serait cependant illusoire de penser que cette transition s'effectue sans heurts ou que l'économie chinoise puisse continuer à croître au rythme des dernières années...

Bousier.com : Une autre crainte, le risque systémique que pourrait provoquer les difficultés des acteurs de l'énergie aux Etats-Unis...

G.W. : Alors que la chute du marché immobilier américain faisait essentiellement des perdants (hormis certains fonds alternatifs), la chute des cours pétroliers fais aussi des gagnants, à commencer par le consommateur américain, qui reste l'un des piliers de l'économie mondiale, et l'Asie, importateur de pétrole... Ensuite, le volume des emprunts à taux élevé du secteur énergétique est largement inférieur à ce que fut celui des emprunts liés à l'immobilier à l'époque. De plus, ces emprunts ne sont aujourd'hui généralement pas détenus par les banques. Je ne crois dès lors a priori pas à un éventuel 'effet domino' venant du secteur énergétique et qui débuterait par des défaillances de sociétés du secteur...

Boursier.com : La zone Euro est-elle à privilégier, les niveaux de valorisation étant plus intéressant qu'aux Etats-Unis...

G.W : Les actions sont moins chères en Europe pour de bonnes raisons : il y a plus de valeurs énergétiques, manufacturières, ou de banques dans les indices... Dans le contexte actuel, il est logique que la valorisation des marchés de la zone Euro soit moins élevée que le S&P avec ses Microsoft, Apple ou Coca Cola !... Durant la période actuelle, il s'agit d'être très sélectif, de trouver des sociétés possédant des actifs intéressants, des bilans solides, disposant de positions concurrentielles fortes et proposant une récurrence dans le versement des dividendes. Il y a des opportunités à long terme parmi les valeurs du Luxe et parmi les valeurs cycliques de qualité dont les résultats restent certes soumis aux aléas conjoncturels, mais qui se démarquent de leurs concurrents sur un cycle plus long et créent de la valeur pour les actionnaires...

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