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Guy Wagner, Chef économiste à la Banque de Luxembourg

Guy Wagner Chef économiste à la Banque de Luxembourg

Nous ne sommes pas à la veille d'un marché baissier!
Guy Wagner, Chef économiste à la Banque de Luxembourg

Boursier.com : Quel regard portez-vous sur l'environnement économique actuel ?

G.W. : Nous nous attachons avant tout aux facteurs structurels des économies plus qu'aux soubresauts conjoncturels. Les facteurs structurels limitent selon nous le potentiel de croissance de l'économie mondiale : la démographie n'est pas dynamique, les économies sont fortement endettées et on connait la corrélation forte entre surendettement et croissance faible... Les politiques monétaires très accommodantes depuis la crise de 2008 ont abouti à de mauvaises allocations du capital, la progression de la productivité est faible... L'environnement est celui d'une croissance faible et d'une inflation contenue.

Boursier.com : Le mouvement de hausse des taux d'intérêt peut-il être durable ?

G.W. : Le resserrement des taux d'intérêt entamé par la Fed se produit dans un contexte où ces derniers étaient extrêmement faibles. Selon nous, à long terme, il n'y a pas de raison de croire que les taux d'intérêt vont durablement monter. Les économies sont trop endettées pour supporter une trop forte hausse de taux d'intérêt. Une hausse des taux d'intérêt de la BCE avant le deuxième semestre 2019 demeure peu probable.

Boursier.com : Les actions doivent-elles être privilégiées ?

G.W. : Les taux d'intérêt toujours bas et les progressions de bénéfices des entreprises plaident pour les marchés d'actions et nous font penser que nous ne sommes pas à la veille d'un marché baissier! Cependant, les multiples assez tendus doivent nous faire ajuster à la baisse les attentes de rendement. Les éléments à l'origine d'une baisse durable des cours boursiers restent absents et le retour de la volatilité sur les marchés ne signifie pas que l'environnement économique et financier a fondamentalement changé.

Boursier.com : Quels secteurs privilégiez-vous ?

G.W. : Nous ne nous intéressons qu'aux sociétés bénéficiant d'avantages compétitifs et de barrières à l'entrée solides. Des " price maker " capables de maintenir rentabilité et marges élevées et de générer du cash-flow libre tout en n'étant pas endettés. Ces sociétés créent le plus de valeur pour les actionnaires sur le long terme. Nous privilégions les valeurs industrielles, technologiques et de l'univers de la santé. En revanche, nous nous tenons à l'écart des financières, des télécoms, des services aux collectivités, du secteur de l'énergie.

Boursier.com : Vous avez lancé le fonds FFG Global Flexible Sustainable fin 2017. Présentez-le nous...

G.W. : Il s'agit d'un fonds mixte avec une part en actions comprise entre 40 et 90% et actuellement à 48%. De 5 à 15% investi en obligations souveraines et de 7,5 à 15% dans des entreprises aurifères. A ce stade, 5 mois après son lancement, la partie " cash " est de 40%. Ce fonds fait partie intégrante de notre politique d'investissements ESG. Nous n'investissons pas en entreprises ayant des liens avec les armes et sujettes à des controverses, à l'image de Novartis soupçonnée d'avoir soudoyées des ministres grecs pour augmenter le prix de ses médicaments... Au final, le fonds affiche 72% d'émissions carbone de moins que le MSCI World et un score de +29% supérieur en termes de gestion des ressources humaines. De plus, avec le partenariat avec Funds for Good, BLI concrétise le concept d'ESG : tout investissement dans le fonds aboutit à un don et contribue à la lutte contre la pauvreté via un prêt d'honneur visant à aider une personne en situation de précarité à créer sa propre société dans le pays de résidence de l'investisseur.

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