Accueil
»
Sicav FCP
»
Actualités
»
Interviews
»
Consultation
Gérard Moulin, Gérant du fonds Amplegest Pricing Power

Gérard Moulin Gérant du fonds Amplegest Pricing Power

Notre fonds recherche les entreprises capables de fixer leurs prix
Gérard Moulin, Gérant du fonds Amplegest Pricing Power

Boursier.com : Quelle est l'efficacité de la stratégie " pricing power " du fonds dans des marchés heurtés comme c'est le cas depuis le début d'année ?

G.M. : Notre fonds affiche une performance de +8,50% depuis le 1er janvier et la catégorie ne progresse que de 1,50%. Le fonds se comporte particulièrement bien, quelle que soit la conjoncture boursière pour une raison simple : il est fondé sur une sélection d'entreprises bénéficiant de fortes barrières à l'entrée sur leurs marchés, ce qui les prémunit de mauvaise surprise dans les cycles économiques difficiles. Nous recherchons avant tout la capacité d'une entreprise à fixer ses prix.

Boursier.com : Avez-vous opéré des rotations dans le portefeuille récemment ?

G.M. : Pour créer de l'alpha, nous construisons un portefeuille très concentré sur les dossiers que nous jugeons les meilleurs, en l'occurrence une trentaine de lignes constituent le portefeuille actuellement. La deuxième façon de surperformer consiste à travailler les pondérations. Ferrari est ainsi resté la 1ère ligne du produit pendant 15 mois, mais suite au décès brutal de son patron emblématique, Sergio Marchionne, nous avons fait le choix de sous-pondérer le dossier et sa pondération est passée de 5,5% à 2,5% du portefeuille. Nous l'avons remontée à 3,5% avant le rendez-vous investisseurs de mi-septembre, en raison des ratios élevés qui semblent devoir être pratiqués dans le cadre de l'introduction en Bourse à venir d'Aston Martin. Par ailleurs, nous avons récemment intégré de nouvelles valeurs : le loueur de véhicules allemand Sixt et le spécialiste des mico-batteries allemand Varta.

Boursier.com : Quelles sont les premières lignes du portefeuille ?

G.M. : Thales est la première ligne du fonds, du fait même de son remarquable parcours boursier, la valeur étant à son plus haut historique. Ensuite viennent, LVMH puis SAP, ASML, Safran... Toutes ont un poids assez proche.

Boursier.com : Les valeurs européennes ne sont-elles pas chères ?

G.M. : Les valeurs de croissance que nous détenons en portefeuille ne sont pas chères puisque l'analyse de 20 mois baissiers, démontre que le fonds surperforme dans 77% des cas. Dans les mois les plus baissiers, la surperformance est encore plus flagrante. Si les valeurs étaient chères, le fonds baisserait plus.

Boursier.com : Comment anticipez-vous la fin d'année boursière ?

G.M. : Au-delà de la fin d'année Je ne vois pas les marchés européens performer de façon significative dans les mois à venir. De nombreux secteurs sont exposés à une intensité concurrentielle élevée ou à des acteurs nouveaux à l'échelon international : la distribution, la banque, la santé, les télécoms... Ces secteurs voient leur reprise de cycle freinée par l'intensité concurrentielle. D'où l'intérêt de notre approche " pricing power ", où les sociétés sont en croissance autonome et n'ont pas besoin de l'aide du cycle économique pour faire progresser leur activité.

Boursier.com : Excluez-vous totalement les secteurs trop concurrentiels ?

G.M. : Nous pouvons trouver des pépites au sein de secteurs très concurrentiels. Exemple : dans l'aéronautique, nous restons à l'écart des compagnies aériennes, domaine hautement concurrentiel, mais nous étions positionnés sur Zodiac lorsque le dossier était coté, et avons des titres comme Safran, Airbus... Dans la santé, nous ne sommes pas présents sur les grands laboratoires pharmaceutiques, mais nous aimons les spécialistes comme Orpea dans les maisons de retraite ou Biomérieux dans le diagnostic. De la même façon, nous n'aimons pas les constructeurs automobiles qui se livrent une guerre sans merci, mais les équipementiers qui créent la quasi-totalité de la valeur ajoutée d'un véhicule, comme l'italien Brembo dans les freins de haute performance ou Valeo.

©2018-2021,