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Frédéric Leroux, Gérant global chez Carmignac Gestion

Frédéric Leroux Gérant global chez Carmignac Gestion

Les grandes opportunités d'achat ne sont pas encore présentes !
Frédéric Leroux, Gérant global chez Carmignac Gestion

Boursier.com : Pourquoi pensez-vous que le niveau de la croissance américaine est surestimé pour 2016 ?

F.L. : Nous pensons que la croissance de l'économie américaine n'atteindra pas les 2,5% : elle ne fonctionne plus aussi bien que le pense le consensus... L'investissement devrait faiblir ainsi que la consommation. Le consommateur américain est moins confiant que par le passé et la baisse du pétrole a tout juste permis de maintenir la consommation stable. L'industrie sous -performe nettement, ce qui en général signifie que la récession n'est pas loin... Les Etats-Unis sont une économie de services, mais l'industrie conserve un rôle moteur en début de cycle. En outre, la Fed remonte ses taux... Si l'économie déçoit, on aura de fortes déceptions sur le front des entreprises. La croissance des profits est déjà en baisse malgré la croissance économique...

Boursier.com : Quelles sont vos anticipations quant à l'évolution des marchés cette année ?

F.L. : Les niveaux de valorisation actuels de la plupart des marchés actions ne nous semblent pas refléter l'accumulation des risques encourus. Nous continuons à faire preuve d'une vigilance et prudence extrêmes. Nous avons réduit au maximum notre exposition aux actions : à 0% sur le fonds Carmignac patrimoine et au minimum de 60% sur Carmignac Investissements. Les couvertures doivent être maximales tant que les signaux de retournement sont absents. La violence de l'ajustement va créer de grandes opportunités que nous comptons bien mettre à profit...

Boursier.com : La baisse actuelle ne constitue-telle déjà pas un point d'entrée sur le marché ?

F.L. : La liquidité pour toutes les classes d'actifs s'assèche sous l'effet de la défense de leurs devises par les Banques centrales des pays dont la monnaie est liée au dollar... La réduction de la liquidité ajoutée au ralentissement économique américain justifie selon nous une correction sensiblement plus profonde, d'autant que, dans l'immédiat, la FED ne peut inverser de nouveau sa politique monétaire, elle en perdrait sa crédibilité. Désormais, "bad news is bad news" : des chiffres économiques faibles aux Etats-Unis vont se traduire par des marchés actions en baisse. Les grandes opportunités d'achat ne sont pas encore présentes...

Boursier.com : La zone Euro peut-elle résister à la pression ?

F.L. : L'Europe, en 2015, a été l'une des rares zones favorables aux marchés d'actions. Il ne faut cependant pas surestimer les facteurs de soutien en zone Euro. Le prix à la pompe n'a ainsi baissé "que" de 20%... Les situations budgétaires restent difficiles dans nombre de pays et des dissensions au sein de la BCE pourront décevoir les marché : Mario Draghi n'a probablement pas les mains aussi libres que l'on voudrait le croire... Au final, il est difficile de dire que l'Europe constitue une zone de résistance pour les actions. En dépit de la dynamique du "QE" et alors que la politique monétaire américaine est plus dure, les marchés actions souffrent plus en Europe qu'aux Etats-Unis depuis les sommets de mi-2015 !

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