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Frédéric Leguay, Gérant de fonds chez HSBC

Frédéric Leguay Gérant de fonds chez HSBC

La baisse de fin janvier marque un retour à la réalité des investisseurs
Frédéric Leguay, Gérant de fonds chez HSBC

Boursier.com : La baisse des marchés fin janvier est-elle un signal que le marché pourrait se retourner de façon plus marquée?

F.L. : La baisse de fin janvier marque un retour à la réalité des investisseurs et une prise de conscience un peu brutale que le marché est entré dans le dernier tiers de sa tendance haussière. Nous demeurons toutefois assez positifs concernant l'évolution des marchés actions en 2018, tant que la macroéconomie demeure sur une tendance favorable, que les taux d'intérêt sont bas et que les perspectives de croissance bénéficiaire des entreprises ne se démenttent pas.

Boursier.com : Les hausses de taux des banques centrales sont-elles compatibles avec une poursuite de la progression des marchés actions ?

F.L. : Le marché est focalisé sur le comblement du retard des banques centrales. Le paradoxe est là : les économies se portent mieux et le marché s'en inquiète, notamment en termes de tensions inflationnistes. Les politiques monétaires s'assagissent et les taux remontent. Toutefois, le marché peut progresser durant cette séquence, dans la mesure où les profits des entreprises continuent de croître et que les multiples de valorisation restent relativement stables.

Boursier.com : Outre ces éléments mentionnés, quel autre facteur est susceptible de soutenir le marché actions ?

F.L. : Nous sommes positifs sur le segment des valeurs de rendement, les anticipations de progression des dividendes ressortent à +6 - +7% jusqu'en 2020. C'est un support très fort pour les marchés actions qui peut d'ailleurs être renforcé en cas de retour de l'inflation. Parmi ces valeurs, celles présentes dans la téléphonie, les utilities, la Finance, l'automobile doivent tirer leur épingle du jeu.

Boursier.com : L'écart de valorisation entre les marchés européens et américains ne semble pas vouloir se réduire...

F.L. : Il existe un écart de valorisation entre Wall Street et les marchés européens. Celui-ci s'explique notamment par la composante technologique plus importante dans les indices américains...ainsi Alphabet (Google), Amazon et Apple affichent ensemble une capitalisation boursière supérieure à celle du CAC40.... En revanche, le cycle bénéficiaire européen est moins avancé que celui, plus mature, des entreprises américaines. La croissance des profits devrait donc être plus soutenue sur le vieux continent et on peut ainsi imaginer que les marchés européens pourraient mieux résister si Wall Street venait à baisser.

Boursier.com : Faut-il toujours miser sur les petites et moyennes capitalisations ?

F.L. : Cela fait des années que le segment des petites et moyennes capitalisations surperforme celui des grandes capitalisations. Ses performances relatives devraient se poursuivre car ces valeurs sont plus sensibles au cycle économique, elles sont plus sujettes aux fusions/acquisitions et bénéficient d'une attractivité particulière car elles évoluent en général sur des métiers de niche. Notre fonds dédié aux valeurs moyennes comporte une cinquantaine de lignes de valeurs de la zone Euro, avec un encours d'environ 500 ME. Nous cherchons les futures grandes valeurs : les 2/3 du portefeuille est constitué de sociétés de croissance et qui savent financer cette croissance. Le dernier 1/3 de sociétés en " recovery ". En 2017, le fonds a affiché une surperformance de 3,68% par rapport à son indice de référence.

Boursier.com : Quelle performance dégagez-vous sur le fonds " grandes capitalisations " ?

F.L. : Notre fonds " grandes capitalisations " de 900 ME d'encours affiche, entre 2006 et 2016, une surperformance annuelle relative de +2,3%. Son processus d'investissement est un peu différent : nous investissons dans des valeurs affichant des niveaux de valorisation plus faibles que le marché : le P/E moyen du fonds est de 2 points inférieur à celui du marché. Nous pensons que c'est la meilleure façon de créer de la performance relative sur longue période dans ce segment du marché.

Boursier.com : Quel est votre avis sur les valeurs pétrolières ?

F.L. : Alors que nous étions sous exposés aux valeurs pétrolières il y a un an, nous sommes plus favorables au segment. Elles ont réussi à sensiblement réduire le coût d'accès aux ressources et aujourd'hui, extraire un baril de pétrole coûte bien moins cher. Elles génèrent du cash-flow même avec un baril entre 40 et 50$. Le marché a eu peur que les dividendes soient amputés, mais les prévisions sur la base des cash-flows ont rassuré... En revanche, nous sommes plus sceptiques concernant les valeurs des services pétroliers.

Boursier.com : Quid des valeurs bancaires ?

F.L. : Nous sommes surexposés aux valeurs bancaires dans la mesure où ce segment sort très renforcé de la crise de 2008-2009. Les banques ont notamment largement plus de capitaux propres pour faire face à leurs engagements. Elles affichent à nouveau une croissance de leur revenu alors que leur coût du risque a tendance à baisser. En outre, il est intelligent d'être exposé sur ce secteur en cas de hausse des taux.

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