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Franck Dixmier et Catherine Garrigues, Directeur des gestions obligataires et responsable de la gestion actions européennes chez AllianzGI

Franck Dixmier et Catherine Garrigues Directeur des gestions obligataires et responsable de la gestion actions européennes chez AllianzGI

Notre scénario central nous laisse penser à une certaine stabilité des marchés actions
Franck Dixmier et Catherine Garrigues, Directeur des gestions obligataires et responsable de la gestion actions européennes chez AllianzGI

Boursier.com : Les marchés ont-ils intégré le risque italien, ou bien peut-il ressurgir selon vous ?

Franck Dixmier : Les développements politiques en Italie doivent être pris très au sérieux. Ils augurent d'un été placé sous le signe de l'incertitude. Nous avons pu apercevoir, mardi dernier, tous les symptômes d'une crise de défiance majeure. Au plus fort de cette dernière, les marchés intégraient une forte probabilité de défaut de la dette italienne, sans possibilité pour la BCE de recourir à des opérations monétaires sur titres (OMT). Pour autant, nous n'anticipons pas d'intervention de la BCE face à la situation en Italie. Les pressions du marché devraient contribuer à une orientation raisonnable de la politique domestique. Mais d'ici là, les marchés vont vivre au grès des déclarations des uns et des autres...

Boursier.com : Le risque protectionniste, à l'échelle mondiale, n'est-il pas plus dangereux à moyen terme ?

Catherine Garrigues : Une guerre économique mondiale pourrait avoir un effet très négatif sur la croissance mondiale et sur l'inflation. Le protectionnisme peut mettre les marges des entreprises sous pression. Mais la situation est loin d'être simple entre les acteurs. Par exemple, Apple a délocalisé la totalité de sa production en Chine et il y a 310 millions d'Iphone en Chine, soit plus du double qu'aux Etats-Unis et ces téléphones n'apparaissent pas dans les exportations américaines vers la Chine. De la même façon, 99% des voitures vendues par GM, Ford et Fiat Chrysler en Chine ont été construites localement... La taxe de 25% sur les voitures importées ne les touche donc pas... La technologie et l'Automobile sont les secteurs qui ont le plus optimisé la chaîne de production mondiale et une montée du protectionnisme se traduirait par une augmentation des coûts de production et donc une érosion des marges.

Boursier.com : Le marché anticipe-t-il correctement le mouvement de hausses de taux à venir de la Fed ?

Franck Dixmier - La Fed coche désormais les deux éléments clé de sa politique : le plein emploi est là. Et l'inflation atteint aujourd'hui le niveau cible comme le montre le core inflation CPI. Nous pensons toujours que la Fed fera plus que ce que n'attendent les marchés en 2019 et 2020. En Europe, l'inflation se normalise et la BCE a montré, par le passé, qu'elle se donne la liberté de monter les taux si elle a des convictions de croissance solides. Nous pensons que la première remontée des taux pourrait intervenir au deuxième semestre 2019.

Boursier.com : Dans ce contexte, les marchés actions européens ont-ils encore une marge de progression ?

Catherine Garrigues : Notre scénario central nous laisse penser à une certaine stabilité des marchés actions. Les investisseurs semblent intégrer que le potentiel de croissance est relativement faible en Europe comparé à d'autres zones géographiques et que les valeurs européennes sont largement dépendantes des exportations. En termes de valorisations, on atteint des niveaux qui sont moins confortables. Enfin, il y a peu de flux entrant, on ne constate aucun effet de rotation du marché des taux vers le marché actions. Dans ce contexte, le marché sait qu'il va aussi devoir digérer la normalisation de la politique monétaire américaine... Des épisodes de forte volatilité ne seraient pas surprenants.

Boursier.com : Quels secteurs vous semblent apporter le plus de garanties aujourd'hui ?

Catherine Garrigues : Le luxe bénéficie de croissances embarquées fortes et structurelles sur leurs marchés. La croissance de leurs marges est aussi exceptionnelle. La marge opérationnelle de la maroquinerie de LVMH a atteint 19,5% en 2017, celle de Gucci chez Kering 19%, celle d'Hermes 34,6%. L'aspect cyclique de ces valeurs a disparu en raison de la prépondérance de la consommation en provenance d'Asie. La part de la population chinoise disposant de revenus lui permettant de s'intéresser aux produits de luxe ne va cesser de progresser, ce qui est un facteur sous-jacent majeur pour le secteur.

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