Accueil
»
Sicav FCP
»
Actualités
»
Interviews
»
Consultation
Florent Delorme, Stratégiste chez M&G

Florent Delorme Stratégiste chez M&G

Le marché déprécie trop les valeurs bancaires à notre sens!
Florent Delorme, Stratégiste chez M&G

Boursier.com : La faiblesse des taux d'intérêt semble devoir s'ancrer dans le paysage bancaire. Pourquoi se positionner sur un secteur qui en souffre ?

F.D. : Certes, c'est un problème pour un gérant d'investir dans un secteur sans dynamique forte de revenus et dont le régulateur a exigé beaucoup ces dernières années. Il est toujours difficile pour les établissements bancaires de maintenir leurs marges d'intérêt. De plus, ces acteurs ont aussi souffert du cadre réglementaire qui les a obligés à augmenter très rapidement leurs fonds propres ce qui a inévitablement pénalisé leur rentabilité au regard de ces même fonds propres. Mais nous pensons que le moment est peut-être venu de reconsidérer la question d'un positionnement sur les valeurs bancaires...

Boursier.com : Quels sont les arguments en leur faveur aujourd'hui ?

F.D. : La croissance des prêts est en amélioration et la marge d'intérêt si elle s'est érodée, ne s'est pas effondrée. Les perspectives de croissance des bénéfices de l'Eurostoxx Banks pour les 12 prochains mois sont tout de même de +6.2% selon le consensus Datastream. Dans le même temps, les meilleures banques européennes vont en moyenne baisser leurs coûts de -1,6% lors de la prochaine année fiscale d'après des données Bloomberg sur le secteur. Les banques font donc preuve d'une vraie résilience.

Boursier.com : La question de leur solvabilité se pose-t-elle ?

F.D. : L'augmentation spectaculaire de leurs fonds propres depuis 10 ans les place en position de force. Les banques françaises ont par exemple des fonds propres au-delà des exigences réglementaires.

Boursier.com : On évoque régulièrement la possibilité d'une consolidation des acteurs en Europe. Mais on n'en prend toujours pas le chemin...

F.D. : Une consolidation permettrait de faire remonter les marges des banques...Mais ce n'est pas le cas pour l'instant. Pour autant, elles ont accompli, en organique, beaucoup d'efforts pour maîtriser leurs coûts et en se diversifiant par exemple vers l'assurance et l'Asset Management de façon à sortir de la pression des taux bas.

Boursier.com : Les titres des banques européennes s'affichent dans le rouge depuis le début d'année...

F.D. : Le marché déprécie trop les valeurs bancaires à notre sens. Les difficultés liées au contexte sont surestimées dans les valorisations. Pour le marché une banque ne vaut même pas sa valeur comptable. En moyenne elles se retrouvent valorisées entre 50 et 70% de cette valeur comptable, alors qu'elles dégagent un return on equity parfois de plus de 10% comme par exemple pour le Crédit Agricole. Nous apprécions BNP Paribas, ING, Unicredit, Intesa, Commerzbank, Caixa Bank...

©2020,