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Emeric Blond, Gérant chez Haas gestion

Emeric Blond Gérant chez Haas gestion

La baisse des cours : une opportunité pour travailler les prix de revient et initier de nouvelles positions!
Emeric Blond, Gérant chez Haas gestion

Boursier.com : Le vif recul des marchés depuis lundi vous semble t-il logique ou exagéré?

E.B. : La question qui se pose est celle de l'importance de la disruption de la chaîne logistique. Les entreprises se fournissant en Chine, ont-elles été livrées? Certaines usines étant toujours fermées, on imagine que des sociétés européennes vont cesser de produire par manque de pièces détachées, d'autres, présentes sur place, ont aussi cessé de produire car elles n'ont plus d'ouvriers... Une étude a récemment indiqué que plus de la moitié des sociétés concernées attendent une reprise normale d'activité, c'est à dire à au moins 80% de leurs capacité, pour début mai. Quand on sait ce que peut coûter boursièrement à un titre une déception de 2 ou 3 points sur une 'guidance', on peut imaginer ce qu'il peut en être pour une société qui aurait une grande partie de son activité en Chine et qui s'apprête à annuler un trimestre de production sur place! Est-ce que le Marché est capable de vivre sans un trimestre entier, en jugeant qu'il s'agit d'un épiphénomène? Dans ce contexte la baisse des marchés semble logique...

Boursier.com : Les marchés n'étaient-ils pas avant tout à la recherche d'un argument pour prendre des bénéfices après la superbe performance de 2019?

E.B. : Absolument, mais pour autant la baisse est bel et bien justifiée. Et depuis lundi, on constate que quand le marché essaie de repartir de l'avant, les maigres rebonds techniques sont rapidement vendus. La volatilité intraday est très forte. Les investisseurs se désengagent du marché, ou alors vont chercher des sociétés avec des chiffres d'affaires européens ou des engagements clients très longs, comme les services aux collectivités, les producteurs d'énergies renouvelables, les maisons de retraites...

Boursier.com : Dans ce contexte, que penser des récentes publications?

E.B. : Les chiffres du T4 2019 dont les publications touchent à leur fin, s'avèrent bons. Les déceptions sont peu nombreuses. Pour les données du T3, on atteignait environ 70% de bonnes surprises, un chiffre peu ou prou équivalent au T4 pour les valeurs des principaux indices. Tout ceci est désormais tempéré par les incertitudes nouvelles pour 2020, liées au coronavirus et le flou qu'elles font planer sur les perspectives des sociétés.

Boursier.com : Votre portefeuille est-il affecté par les secousses depuis lundi?

E.B. : Nous avons décidé de nous désensibiliser au risque en reconstituant une position cash plus importante et en arbitrant des secteurs d'activités en fonction de leur profil de résilience. Nous avons d'abord vendu les valeurs cycliques puis les offensives pour privilégier les valeurs défensives.

Boursier.com : Quelles sociétés apparaissent plus résilientes dans ce contexte?

E.B. : De façon générale, des sociétés en situation oligopolistique ou en capacité de pricing power devraient démontrer plus de résistance que d'autres. A l'exemple de Schneider Electric qui a expliqué que les conséquences du coronavirus allaient peser pour 300 ME au premier trimestre mais que ce trou d'air serait rattrapé au deuxième semestre.

Boursier.com : Quels arbitrages avez-vous effectué sur les petites et moyennes capitalisations?

E.B. : Beaucoup de petites valeurs de qualité ont subi de fortes baisses ce qui a constitué de vraies opportunités pour travailler un prix de revient et d'initier des positions sur des titres jusqu'alors perçus comme chers. Nous avons renforcé ou pris position sur Bastide, Korian, LNA Santé, Neoen, Albioma, Pharmagest, Voltalia. A l'inverse, nous avons pris quelques profits sur les valeurs technologiques et les SSII. Nous avions déjà allégé les valeurs du luxe et le récent mouvement de baisse a confirmé une position à l'écart de ces titres. Enfin, nous avons quitté totalement les équipementiers automobiles et constructeurs, alors que nous pensions, en début d'année, que le fond avait été touché... Ce n'était pas le cas!

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