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Didier Rabattu, Gérant du fonds Emerging High Conviction chez Lombard Odier IM

Didier Rabattu Gérant du fonds Emerging High Conviction chez Lombard Odier IM

Il existe encore des opportunités d'achat dans les pays émergents
Didier Rabattu, Gérant du fonds Emerging High Conviction chez Lombard Odier IM

Boursier.com : Comment classez-vous les pays émergents ?

D.R. : Cette classification n'est pas évidente. De prime abord, on pourrait penser que les pays émergents représentent tout ce qui n'est pas Europe, Etats-Unis ou Japon. Mais en fait Hong-Kong et Singapour ne sont plus considérés comme des pays émergents. En revanche, certaines sociétés de ces deux pays sont considérées comme émergentes. Pa ailleurs, il existe des pays frontières où existe le contrôle du capital. Il s'agit du Nigéria, du Pakistan, de l'Argentine, du Vietnam... L'Arabie Saoudite est encore un autre cas car un investisseur étranger n'est pas autorisé à acheter des actions locales. Retenons aussi que la Corée du Sud est considérée comme un pays émergent alors que son PIB par habitant est parmi les plus élevés au monde...

Boursier.com : Quelles sont les pondérations les plus importantes au sein des indices émergents ?

D.R. : Le benchmark pour la sphère émergente est l'indice MSI Emerging Markets. La Chine représente le quart de cet indice avec de nombreuses grandes valeurs chinoises qui sont cotées à Hong Kong ou aux Etats-Unis. Le poids de Taiwan se situe autour de 13-15%, tout comme celui de la Corée du Sud. L'Inde représente 8% de cet indice MSCI Emerging Markets... Retenons aussi plusieurs cas où une seule société a un poids très élevé dans le pays. C'est le cas en Corée du Sud avec Samsung. En Chine, Alibaba et Tencent ont également une pondération très importante.

Boursier.com : Comment évolue la conjoncture dans les pays émergents ?

D.R. : L'Asie va bien tandis que l'Europe de l'Est profite de la faiblesse des taux et d'une croissance bien orientée. La Turquie accélère... En Amérique Latine, la situation tend à s'améliorer. En revanche, l'Afrique connaît un ralentissement avec la faiblesse des cours des matières premières.

Boursier.com : La Russie et le Brésil vont-ils mieux ?

D.R. : Les années 2015-2016 ont été très difficiles pour ces deux pays en raison du contrechoc pétrolier. Mais ils sont aujourd'hui en train de sortir de la récession... En Russie, le marché boursier local est caractérisé par une surreprésentation des banques et de l'énergie.

Boursier.com : Comment voyez-vous évoluer le prix du pétrole ?

D.R. : Dans les années 2000, la Chine a beaucoup investi dans le domaine des infrastructures ce qui a généré des besoins énormes en matières premières. Aujourd'hui, le pays est en train de changer son modèle économique en mettant l'accent sur la consommation intérieure ou la technologie... Même si la croissance de la Chine se maintient sur des niveaux élevés, les besoins en matières premières ont tendance à diminuer. De manière structurelle, la demande mondiale de pétrole a peu de chance de progresser sensiblement à l'avenir ce qui devrait maintenir une certaine pression sur les prix.

Boursier.com : Les valorisations des actions émergentes sont-elles élevées ?

D.R. : Depuis 18 mois, les grands noms de la technologie affichent une forte revalorisation boursière. Cette progression se concentre sur un petit nombre de titres avec Alibaba, Tencent, Samsung, Taiwan Semiconductor... En raison du niveau élevé du Nasdaq, une consolidation pourrait intervenir sur ces valeurs phares des indices émergents. Mais il existe encore des opportunités d'achat dans les pays émergents sur des sociétés moins suivies par les opérateurs.

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